Politique

Mali : Grâce présidentielle pour un agent du renseignement français condamné à 20 ans de prison

Le président malien Assimi Goïta a gracié un agent du renseignement français bénéficiant du statut diplomatique, condamné en juin dernier à 20 ans de prison pour complot contre les institutions de l’État. Un communiqué officiel du gouvernement malien, publié jeudi à Bamako, confirme la grâce accordée par M. Goïta à Yann Vézelier, condamné à 20 ans de prison. Le 5 juin, un tribunal malien avait condamné Yann Vézelier, agent du renseignement français bénéficiant du statut diplomatique, à 20 ans de prison pour complot et participation à une tentative de déstabilisation du pays. Cette affaire avait provoqué des tensions diplomatiques entre Bamako et Paris.

En août 2025, les autorités maliennes avaient annoncé l’arrestation de M. Vézelier, ainsi que de deux officiers de l’armée malienne, l’accusant d’avoir travaillé pour les services de renseignement français afin de mobiliser des acteurs politiques, des personnalités de la société civile et des officiers militaires contre le gouvernement de transition dirigé par le président Assimi Goïta. Bamako a accusé le Français de participer à des activités visant à déstabiliser le pays et à influencer la vie politique intérieure, alors que le Mali était confronté à des défis sécuritaires et politiques complexes. La France a catégoriquement rejeté ces accusations, les jugeant « sans fondement ». Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré à l’époque que l’arrestation de Vézelier constituait une violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

L’affaire Vézelier est devenue l’un des principaux points de friction entre Bamako et Paris l’année dernière, incitant Paris à suspendre sa coopération avec Bamako sur certaines questions de sécurité et diplomatiques. En septembre 2025, la France a suspendu sa coopération antiterroriste avec le Mali et expulsé des diplomates maliens en réaction à l’arrestation d’un diplomate français à Bamako. Cette décision française est intervenue après que les autorités maliennes ont déclaré persona non grata cinq membres du personnel de l’ambassade de France. Les relations entre Bamako et Paris se sont rapidement détériorées ces dernières années, notamment suite aux deux coups d’État militaires de 2020 et 2021 qui ont porté le colonel Assimi Goïta au pouvoir.

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