Politique

Campagne présidentielle nigériane : les réformes résisteront-elles à la pression populaire ?

La campagne officielle pour les élections présidentielles et législatives nigérianes a débuté mercredi, après la levée des restrictions sur les activités de campagne par la Commission électorale nationale indépendante (INEC). La campagne s’achèvera 24 heures avant le scrutin, le 15 janvier 2027. À la veille du lancement de la campagne, les candidats et les dirigeants des partis ont signé un « pacte de paix » organisé par la Commission nationale pour la paix, selon Radio Nigeria Info. La station de radio a rapporté que le président Bola Ahmad Tinubu appelait à une compétition fondée sur les meilleures idées, un débat sur les enjeux et la promotion de politiques favorisant l’égalité des chances.

De son côté, le président de l’INEC, Amopitan, a déclaré que ce pacte offrait l’opportunité d’établir un cadre éthique pour la campagne de 2027 avant même son lancement officiel. Le gouvernement mise sur son bilan économique. George Akumu, figure importante du parti au pouvoir, a affirmé que la campagne s’appuierait sur des « faits irréfutables », d’après le quotidien nigérian The Sun, le gouvernement nigérian a indiqué s’attaquer aux problèmes structurels à la racine, notamment en renforçant l’autonomie des collectivités locales et en menant des réformes numériques. À l’inverse, Reuters rapporte que le niveau de vie de millions de Nigérians s’est dégradé ces trois dernières années suite à la suppression des subventions sur les carburants, à la dévaluation du naira (la monnaie locale) et à la réduction des subventions sur l’électricité. L’agence note que le prix de l’essence a été multiplié par six.

Reuters cite des estimations de la Banque mondiale indiquant qu’un peu plus de la moitié de la population vivait sous le seuil de pauvreté l’an dernier, contre environ 42 % en 2022. Parallèlement, le Fonds monétaire international a déclaré en juin que les réformes avaient amélioré la confiance des investisseurs et la stabilité économique, malgré la hausse du taux de pauvreté. Le quotidien nigérian Vanguard a cité un rapport de Nigeria Watch indiquant que 5 272 personnes ont été tuées entre janvier et mai 2025, et que le nombre de morts dus aux attaques de gangs armés et aux opérations de contre-attaque a atteint 3 974 en 2025, contre 1 452 en 2024.

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