Economie

Les opérateurs de monnaie mobile privilégient désormais l’utilisation à l’accès, à mesure que le secteur fintech africain arrive à maturité

Les fournisseurs africains de monnaie mobile se concentrent moins sur l’élargissement de l’accès et davantage sur l’amélioration de l’utilisation de leurs services par leurs clients. Lors du sommet annuel MTN Group Fintech à Johannesburg, des dirigeants ont averti que le fort taux d’adoption masque une faible utilisation des produits d’épargne et d’investissement. S’exprimant le 2 septembre, deuxième jour du sommet, Shaibu Haruna, directeur général de Mobile Money Limited Ghana, a réfuté l’idée que le marché ghanéen de la monnaie mobile soit mature du seul fait de son taux d’utilisation élevé. Il a indiqué que la plateforme traite plus de 26 millions de transactions par jour, mais qu’une faible proportion seulement des clients épargne activement sur 30 jours, et que moins de 0,3 % de sa base d’utilisateurs investit activement.

« Je suis très mal à l’aise lorsque l’on décrit le Ghana comme un marché mature », a déclaré M. Haruna, ajoutant que la prochaine opportunité pour le secteur réside dans l’accompagnement des clients vers une utilisation plus complète des outils financiers existants, plutôt que dans la simple acquisition de nouveaux utilisateurs. En Zambie, les dirigeants ont indiqué que le défi résidait moins dans la profondeur de l’offre de produits que dans la garantie d’une prestation de services homogène auprès d’une population très dispersée. Komba Malukutila, directeur général de Mobile Money Zambia, a affirmé que l’augmentation du nombre d’agents ne suffisait pas, à elle seule, à résoudre les problèmes d’accès des clients. « Le client se fiche du nombre d’agents », a déclaré M. Malukutila. « Ce qui compte pour lui, c’est l’accessibilité du service et la possibilité d’obtenir des liquidités ».

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MoMo Zambia a réagi en déployant des outils d’intelligence artificielle pour surveiller l’activité des agents et les niveaux de liquidités sur l’ensemble de son réseau, ce qui lui permet d’identifier les zones où les clients rencontrent des difficultés pour accéder à des espèces ou effectuer des transactions. La technologie a largement dominé les discussions lors du sommet. Les participants ont notamment cité l’IA, les systèmes de paiement interopérables, les paiements par QR code, la finance ouverte et l’infrastructure cloud comme autant d’outils susceptibles de rendre les services financiers numériques plus abordables et plus faciles d’utilisation.

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