La guerre au Soudan a non seulement bouleversé les modes de vie et l’emploi, mais a également influencé l’alimentation de la population, face à la flambée des prix de la viande et aux pénuries dans de nombreuses régions, certaines familles se sont tournées vers des sources de nourriture inhabituelles, comme les varans, les tortues, les hérissons, les lapins sauvages et certains oiseaux. Dans diverses régions du Soudan, les varans ont quitté les berges des rivières et des cours d’eau pour se retrouver dans les marmites. D’autres animaux sauvages ont également fait leur retour dans l’assiette de certains habitants, par nécessité ou en raison de pratiques alimentaires traditionnelles encore répandues dans certaines zones rurales.
Il est important de noter que ces pratiques ne sont pas entièrement nouvelles au Soudan. Certaines régions les connaissent depuis des années, et certaines sont liées à des traditions culinaires ancestrales. Cependant, la guerre, les déplacements de population et la hausse des prix des denrées alimentaires ont élargi leur champ d’application, incitant des personnes peu habituées à consommer ces animaux à les rechercher comme sources de nourriture alternatives. Dans ce contexte, le Dr Al-Sadiq Suleiman, expert en faune sauvage, a déclaré que la consommation de certains animaux sauvages et reptiles n’est pas une pratique nouvelle au Soudan, mais qu’elle est connue depuis des années dans certaines régions.
Il a également souligné l’existence de chasseurs spécialisés dans les reptiles dans le parc national de Dinder et dans les villages bordant le fleuve Rahad. Certains consomment des pythons et des varans, tandis que d’autres mangent de la viande de tortue. Une tribu du Kordofan du Sud consomme même des serpents, conformément à sa tradition culinaire ancestrale. Cependant, Suleiman a mis en garde contre les risques sanitaires, précisant que la viande de reptile peut être porteuse de bactéries dangereuses, notamment la salmonelle, responsable d’intoxications alimentaires. Dans l’État du Nil Blanc, cette pratique semble davantage liée à des coutumes alimentaires anciennes.