Société

Prisons tunisiennes : Surpopulation et retards dans le signalement des décès

Bouajila confie son amertume quant à la douleur de la famille, et plus particulièrement celle de la mère du jeune homme qui, selon ses propres mots, « n’avait que lui au monde », car il était son fils unique. Abdelmajid Bouajila n’aurait jamais imaginé que sa dernière visite à son neveu en prison serait la dernière. Bouajila raconte que lors de cette visite, le jeune homme, Alaa Abdelkader, était en parfaite santé, mais se plaignait du manque d’eau en pleine canicule qui s’abattait sur la Tunisie, quelques jours plus tard, la famille apprenait avec stupeur son décès, Bouajila explique que le rapport médical de l’hôpital Charles Nicolle de la capitale attribue le décès à un coup de chaleur, qui a entraîné une défaillance des fonctions vitales avant que le jeune homme ne tombe dans le coma, lequel a finalement causé sa mort. Mais le choc de la famille ne s’est pas limité à l’annonce du décès de leur fils.

Bouajila raconte que l’annonce du décès a été retardée d’environ 48 heures, à tel point que des membres de la famille avaient envoyé de l’argent à Alaa pour lui acheter des produits de première nécessité en prison, pour se voir répondre : « Pourquoi envoyez-vous de l’argent à quelqu’un qui est déjà décédé » ? Bouajila évoque avec amertume la douleur de la famille, en particulier celle de la mère du jeune homme, qui, selon lui, « n’avait personne d’autre au monde que lui », car il était son fils unique. Il ajoute que les mots sont impuissants à exprimer la douleur de la mère et que la famille attendait encore des nouvelles de la libération de leur fils.

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Alaa, 24 ans, étudiant en master, avait été arrêté après une rixe avant de se rendre aux autorités. Son oncle explique que la famille espérait que la justice suivrait son cours, d’autant plus qu’aucune audience n’avait eu lieu entre Alaa et l’autre partie depuis quatre mois, et non que la mort avait emporté le jeune homme avant que sa mère ne puisse le serrer dans ses bras. Il a également indiqué qu’Alaa souffrait d’une éruption cutanée qui l’empêchait de dormir. Par ailleurs, selon des médias tunisiens, l’avocate Amira Khmiri a évoqué le décès de son client à la prison civile de Monastir, en pleine vague de chaleur, précisant qu’elle s’apprêtait à déposer une demande de grâce présidentielle en son nom.

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