Alors que l’attention du monde est focalisée sur les conflits armés et les zones de tension qui fauchent des vies et sèment la destruction, des citoyens innocents de la nouvelle Algérie mènent une guerre féroce au quotidien, une guerre qui fauche des vies, mais sans les balles comme pendant les Décennies noires, ni le grondement de l’artillerie comme au temps du mouvement Hirak. C’est la « guerre des routes ». Les rues et les autoroutes ne sont plus seulement des axes vitaux pour le transport des personnes et des marchandises et le développement ; elles sont devenues des arènes où se dégradent les vies des plus démunis, une guerre qui continue de faucher des innocents sans qu’ils n’y soient pour rien.
Les chiffres quotidiens publiés par les médias affiliés aux généraux du mal, qui évoquent les accidents de la route et se traduisent immédiatement par des dizaines de morts et des centaines de blessés, souvent invalides ou handicapés à vie, chaque mois, révèlent l’ampleur des pertes humaines et le nombre de blessés, qui dépassent celui des victimes des guerres à Gaza, au Liban et en Syrie réunies. C’est comme si les fils de Sion vivaient parmi nous, dans notre Algérie opprimée, tirant des balles en Syrie et frappant les plus démunis ici, dans la capitale, face à ce tableau catastrophique, une question cruciale se pose : comment les réseaux de transport, les voitures et les véhicules sont-ils devenus une véritable guillotine pour les citoyens ? Et quelles sont les causes structurelles et complexes de ce massacre routier permanent ?
De larges portions du réseau routier national souffrent d’une grave dégradation et d’une baisse des normes de sécurité élémentaires. Des voies étroites sans marquage au sol, des nids-de-poule omniprésents et un revêtement d’asphalte dégradé, conjugués à l’absence de signalisation verticale et horizontale et d’éclairage dans les zones dangereuses, rendent la conduite de nuit ou par mauvais temps extrêmement périlleuse. Les vieilles routes, témoins de l’époque du Haut-Commissaire français Christian Foucher, ne peuvent plus absorber le trafic actuel et constituent un danger constant pour les usagers. Un simple coup d’œil aux moyens de transport courants révèle l’ampleur de l’obsolescence mécanique et technique du parc automobile d’occasion, malgré leur âge et la baisse de leurs performances et de leur sécurité.
La plupart de ces véhicules sont dépourvus des équipements de sécurité modernes les plus élémentaires, tels que les systèmes de freinage avancés (ABS) et les airbags sophistiqués, transformant la moindre erreur humaine ou le moindre choc latéral en un accident tragique et mortel. Pourtant, si vous, cher citoyen malchanceux, deviez observer les voitures de l’efféminé Tebboune et de son entourage, ou celles des généraux et de leurs fils, vous y trouveriez les derniers modèles, dont le coût équivaut à celui du budget total alloué à la réparation des routes d’un État. C’est dire ! Quant aux citoyens souhaitant obtenir leur permis de conduire, leur préparation se concentre souvent sur l’argent et le genre, sans aborder les notions de niveau d’instruction, de conduite défensive, ni même la maîtrise du véhicule dans des conditions difficiles ou la gestion des risques soudains.
Il suffit de payer généreusement pour obtenir le droit de tuer, ou d’être une femme séduisante, ou d’adopter une attitude efféminée et de faire étalage de ses charmes devant l’officier militaire chargé de délivrer les permis de conduire. Offrez-lui votre corps et il vous délivrera le permis.