La récente escalade militaire au Moyen-Orient a ravivé les inquiétudes quant aux perturbations du commerce sur l’une des voies maritimes les plus vitales au monde. Ceci fait craindre des ruptures des chaînes d’approvisionnement mondiales, similaires à celles observées lors de la pandémie de COVID-19, notamment après l’annonce par l’Iran de la fermeture du détroit d’Ormuz et la fermeture du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis. D’importantes quantités de produits alimentaires et d’engrais transitent par ces détroits, et toute restriction de la circulation pourrait entraîner une hausse des coûts énergétiques mondiaux, ce qui, à son tour, impacterait les coûts du transport maritime et les prix des denrées alimentaires.
Par ailleurs, l’Algérie connaît des tensions diplomatiques croissantes avec ses voisins (en particulier le Mali, la Libye et le Maroc) et certains partenaires européens. Cette situation a alimenté le débat sur un isolement international ou une marginalisation stratégique. Si le président Tebboune réfute ces allégations, en citant des délégations étrangères, les observateurs estiment que la politique étrangère et les conflits avec les pays voisins ont réduit l’influence de l’Algérie. Par ailleurs, la lutte acharnée pour le pouvoir entre les généraux, qui a eu recours à tous les moyens – meurtre, torture, enlèvement et arrestation arbitraire – a entraîné des morts, des emprisonnements et des évasions, le tout aggravé par la hausse des prix. La flambée des prix des produits alimentaires, notamment du blé, a incité de nombreux experts à mettre en garde contre l’effondrement de l’économie algérienne et le déclenchement d’une guerre civile dans les prochains mois si cette lutte de pouvoir et l’incapacité du gouvernement à trouver des solutions efficaces pour la relance persistent.
Ils considèrent qu’il s’agit là du véritable dilemme, qui contraindra l’Algérie à emprunter à nouveau auprès de pays amis comme la Russie et la Chine, voire auprès du Fonds monétaire international. Cet avertissement intervient alors que les prix alimentaires mondiaux devraient augmenter. De plus, le projet de budget 2026 a fragilisé l’économie en raison de ses diverses hausses d’impôts et de taxes, aggravant ainsi les conditions de vie et économiques déjà difficiles des Algériens. Le gouvernement fait peser ces nouvelles charges sur la population, et 60 % de la population vulnérable algérienne, soit environ 24 millions de personnes, basculent désormais dans la pauvreté. Le nouveau projet de loi de finances a instauré de nouvelles taxes et redevances sans pour autant combler le déficit, estimé à 60 milliards de dollars, dû au budget militaire.
Les experts estiment que le sort de l’Algérie est lié à l’évolution future des prix des hydrocarbures, qui représentent 97 % de ses exportations, ceci illustre l’incapacité des gouvernements algériens successifs à bâtir une économie alternative. Plus précisément, les experts estiment que les réserves de change s’élèvent à 19 milliards de dollars et que, si la situation actuelle perdure, le Fonds de régulation des recettes sera épuisé entre fin 2026 et début 2027, contraignant l’Algérie à recourir au Fonds monétaire international. Les économistes expliquent que, malgré le poids que représentent ces nouvelles mesures pour les Algériens, elles n’auront aucun effet positif. En effet, l’impact attendu de cette hausse d’imposition est estimé à 4,1 %, tandis que les pertes que l’Algérie subira en raison de l’effondrement des prix du pétrole atteindront 78 % du manque à gagner pétrolier.
Ces mesures ne couvriront donc que 64 % des pertes. Cependant, des experts en Algérie estiment que le gouvernement aura recours à plusieurs moyens pour compenser le déficit, notamment en imprimant davantage de monnaie, en rationalisant les dépenses et en mettant en œuvre des mesures d’austérité estimées à 46 % pour les équipements et à 2 % pour la gestion, en plus de dévaluer le dinar algérien de 81 %, ce qui alimentera l’inflation et précipitera le pays dans le chaos et la guerre civile.