Les autorités gabonaises ont révélé que le ratio d’endettement du pays s’établit désormais à 68,91 %, selon les résultats d’un audit complet de la dette lancé en juin dernier. Cette estimation est inférieure à certaines projections antérieures qui laissaient entrevoir un ratio supérieur à 80 % du PIB. Les autorités ont annoncé ces résultats dans un communiqué publié le 13 septembre, expliquant que le ratio d’endettement actuel est maintenant inférieur au seuil critique de 70 % pour les finances publiques du pays. Cette réduction fait suite à un examen approfondi du volume des engagements financiers et à une réévaluation de certains indicateurs économiques utilisés pour le calcul du ratio d’endettement.
La question de la dette a fait l’objet de vifs débats au Gabon ces derniers mois, notamment depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Brice Clouteir Olegué Nguema. Ce gouvernement avait précédemment déclaré avoir hérité de dettes et d’obligations financières du régime précédent qui n’étaient pas clairement reflétées dans les comptes officiels. Les nouvelles autorités ont attribué une partie de l’augmentation significative des estimations de la dette à ce qu’elles ont appelé la « dette cachée », c’est-à-dire des obligations non divulguées héritées du régime précédent. Il est donc devenu crucial de déterminer l’ampleur réelle de la dette publique pour comprendre la situation financière du pays et sa capacité à obtenir de nouveaux financements.
L’audit de la dette est intervenu à un moment où le Gabon était confronté à un besoin croissant de financement, coïncidant avec le risque d’une nouvelle dégradation de sa notation de crédit par les agences de notation, ainsi qu’avec les efforts déployés par les autorités pour obtenir un programme de financement auprès du Fonds monétaire international. Il est ainsi devenu essentiel pour le gouvernement de présenter une image plus claire de l’état réel des finances publiques et de l’étendue des obligations en cours du pays. Cédric Djeongo, analyste sous-régional, a expliqué que l’audit visait à lever l’incertitude entourant plusieurs obligations inscrites dans les comptes publics.