Le général Ousmane Dillon, cousin du président tchadien Mohamed Idriss Déby, a juré de revenir prochainement au Tchad pour renverser son cousin, alors que ce dernier fait face à des divisions internes au sein de l’armée concernant la guerre au Soudan. « Je retournerai au Tchad pour renverser le régime de Mohamed Idriss Déby, et ce sera très bientôt », a déclaré Dillon lors d’une conférence de presse à Paris, ajoutant que « le Conseil militaire doit partir ». Dillon combat les Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan depuis 2023 au sein des forces conjointes (forces des mouvements darfouriens) alliées à l’armée soudanaise, et affirme commander plus de 5 000 hommes.
Selon le site web français Africa Intelligence, Déby est accusé de soutenir les FSR, dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti), par le biais d’un soutien militaire des Émirats arabes unis, une allégation démentie par N’Djamena et Abou Dhabi. Le site web rapporte que cette alliance a divisé les généraux de l’armée et que Déby a limogé une dizaine d’officiers de l’armée et de la police issus de la tribu Zaghawa en avril 2025. Le site web évoque également une rivalité entre deux unités d’élite : la Direction générale des services de sécurité institutionnels de l’État (DGES), la garde présidentielle créée sous la présidence d’Idriss Déby Itno, et les Forces de soutien rapide (FSR), formées en 2023 à partir de proches du président actuel. La création des FSR vise à affaiblir l’emprise de la garde présidentielle, perçue comme la garante des intérêts Zaghawa – la tribu à laquelle appartient Déby et dont sont issus la plupart des combattants des mouvements armés du Darfour.
Africa Intelligence rapporte que la détérioration de la situation sécuritaire a incité Déby à annuler une visite dans son fief d’Amdjarass, où se trouve un aéroport qui, selon de nombreux rapports, sert principalement au transport de matériel destiné aux FSR. Enrica Pico, experte de l’International Crisis Group, estime que l’escalade de la violence à la frontière « creuse les divisions au sein de l’élite dirigeante tchadienne, notamment dans l’armée », et que l’étroit partenariat financier avec un État du Golfe « suscite la colère de nombreux Zaghawa tchadiens », le groupe dont est issue la famille Déby.