Des sources humanitaires ont rapporté que des frappes aériennes et des tirs d’artillerie ont secoué la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, dans le cadre d’affrontements entre le gouvernement fédéral et les forces rebelles, suscitant des craintes quant à une extension du conflit. Les attaques aériennes ont fait au moins 17 morts au nord-ouest de Mekele, la capitale de la région du Tigré — ville dont les forces gouvernementales fédérales avaient pris le contrôle durant le week-end —, selon une note d’information diffusée parmi les organisations humanitaires. Le document précise que les forces gouvernementales ont échangé des tirs d’artillerie avec des combattants fidèles au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), membre d’une coalition rebelle visant à renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.
L’armée éthiopienne et les forces du Tigré ont échangé des tirs d’artillerie lourde près de la rivière Tekezé, à proximité de la localité de Mai Tsebri, indique la note humanitaire. Celle-ci signale également que des frappes aériennes nocturnes ont tué au moins neuf personnes à Adoua — située à environ 100 kilomètres au nord-ouest de Mekele — et huit autres à Shiraro, dans le nord-ouest de la région du Tigré. La note ne précise pas quelle partie a mené ces frappes aériennes. Un autre travailleur humanitaire a confirmé la survenue de frappes à Adoua, sans toutefois disposer d’informations sur le bilan humain. À Mekele – d’où les forces du Tigré se sont retirées sans combattre – les habitants ont signalé un retour progressif à la normale : les magasins ont rouvert et les services de téléphonie et d’Internet ont été rétablis après une interruption d’une semaine.
Selon les analystes, les combats risquent de s’intensifier et de dégénérer en un conflit plus large ; l’Éthiopie accuse en effet ses voisins, l’Érythrée et le Soudan – ainsi que l’Égypte – de soutenir l’opposition armée, des allégations que les trois pays ont démenties. La semaine dernière, l’Éthiopie et l’Érythrée – qui s’étaient affrontées lors d’une guerre frontalière entre 1998 et 2000 – ont rompu leurs relations diplomatiques en raison de ces accusations. Dimanche, les dirigeants de l’Égypte, de l’Érythrée, du Soudan et de la Somalie ont discuté de la crise lors d’une réunion, selon deux responsables de la sécurité et un responsable politique égyptiens s’exprimant sous couvert d’anonymat.