Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations unies, dont Reuters a pris connaissance ce vendredi, le gouvernement éthiopien a déclaré n’avoir d’autre choix que de se défendre contre ce qu’il a qualifié d’« invasion à grande échelle » menée par l’Érythrée, alors que des informations font état d’explosions près de la frontière entre les deux pays. Dans la première déclaration officielle du gouvernement concernant les informations faisant état d’une incursion de forces érythréennes cette semaine — des rapports ayant suscité la crainte d’une guerre totale entre ces deux voisins de la Corne de l’Afrique —, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timothewos, a affirmé que les troupes érythréennes avaient pénétré jusqu’à 60 kilomètres à l’intérieur de la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie.
La lettre, datée de jeudi, a été adressée au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Un haut responsable gouvernemental éthiopien, qui a communiqué le document, a précisé qu’il avait également été transmis aux autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU. Mercredi, le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, avait qualifié les informations faisant état d’une incursion érythréenne de manœuvre éthiopienne visant à justifier une guerre d’agression contre son pays. « L’invasion à grande échelle menée par l’Érythrée dans certaines parties du nord de l’Éthiopie est un fait avéré », indique la lettre. « Il s’agit d’un acte d’agression flagrant qui confère à l’Éthiopie le droit inhérent à la légitime défense ».
Des témoins ont rapporté avoir vu des soldats érythréens dans le nord de l’Éthiopie cette semaine, quelques jours après la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, selon Reuters. Un habitant d’Adigrat a déclaré à Reuters ce vendredi avoir entendu, durant la nuit et jusqu’au matin, des explosions répétées provenant d’une zone située à quelques kilomètres de la ville. L’Éthiopie accuse l’Érythrée de soutenir une coalition rebelle qui combat les forces du gouvernement fédéral depuis le 23 septembre dernier dans la région du Tigré ainsi que dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar, dans le nord du pays ; une accusation qu’Asmara dément.