Le premier décès dû au virus Ebola au Kenya a suscité des craintes quant à une propagation de l’épidémie partie de la République démocratique du Congo (RDC). En effet, un patient en provenance de ce pays, via l’Ouganda, a franchi les contrôles sanitaires de deux aéroports avant que son infection ne soit détectée à Nairobi. Le décès est attribué à la souche « Bundibugyo », identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007 selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Contrairement à la souche « Zaïre » — responsable de l’épidémie en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 et pour laquelle des vaccins existent désormais — il n’existe aucun vaccin contre la souche « Bundibugyo ».
Le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, a indiqué que la victime était un ressortissant kényan (dont l’identité n’a pas été révélée) tombé malade il y a environ un mois en RDC, où il résidait depuis sept ans et avait reçu des soins. Le 2 octobre, il a voyagé par voie terrestre de la ville de Beni à Kampala, avant de prendre un avion pour Nairobi, où il est arrivé le lendemain. Un proche et un ami l’ont conduit dans un hôpital de Nairobi ; placé à l’isolement, il a été testé positif au virus. Il est décédé lundi dernier et a été inhumé mardi, conformément au protocole Ebola en vigueur au Kenya. Jeudi dernier, les autorités sanitaires kényanes avaient identifié 57 personnes ayant potentiellement été en contact avec le patient, parmi lesquelles des membres de sa famille et des agents de santé. Par ailleurs, 23 passagers et quatre membres d’équipage du vol font également l’objet d’un suivi, selon l’OMS.
Les voyageurs en provenance, à destination ou en transit par l’Ouganda et le Kenya sont soumis à de multiples contrôles de température et doivent remplir au moins deux formulaires numériques concernant une éventuelle exposition au virus en République démocratique du Congo ; toutefois, le patient a échappé à ces mesures. Le ministère ougandais de la Santé a indiqué que la température de l’homme était normale lors de son contrôle à l’aéroport d’Entebbe avant son départ, tandis que les autorités kényanes avancent qu’il a peut-être pris des médicaments pour masquer ses symptômes lors d’un contrôle ultérieur à l’aéroport de Nairobi, une hypothèse qui fait actuellement l’objet d’une enquête.