La période de soudure de 2026 a plongé une large partie de la population malienne dans une crise d’insécurité alimentaire aiguë, environ 57 000 personnes étant classées en phase d’« urgence », selon des données rapportées par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 1 560 189 personnes au Mali sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de phase 3 ou supérieure, durant la période allant de juin à août 2026. Parmi elles, environ 57 000 personnes se situent en phase 4 — qualifiée de phase d’« urgence » — tandis que les autres se trouvent en phase 3, dite de « crise », ou à des niveaux supérieurs.
Le nombre total de personnes touchées est légèrement supérieur aux estimations pour la même période en 2025, qui faisaient état de 1,52 million de personnes en phase 3 ou plus. En août, le gouvernement malien a lancé son plan national de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle pour 2026, doté d’un budget de 12,7 milliards de francs CFA. Ce plan vise à fournir une aide directe à 1 560 189 personnes identifiées comme faisant partie des groupes les plus vulnérables. Le plan prévoit la distribution gratuite de 19 960 tonnes de céréales et la vente de paniers alimentaires à des prix subventionnés au profit de 19 200 ménages, ainsi que la distribution d’aliments pour le bétail et les poissons, et de semences maraîchères.
La FAO considère les conflits comme le principal facteur à l’origine de l’insécurité alimentaire aiguë au Mali. En juillet, l’organisation a également fait état d’une baisse des prix des céréales secondaires, comprise entre 10 % et 30 % sur plusieurs marchés par rapport à l’année précédente, grâce à une production céréalière supérieure à la moyenne en 2025. Toutefois, les prix sont restés nettement plus élevés dans certaines zones touchées par l’insécurité, notamment à Gao et Tombouctou, en raison des perturbations des échanges commerciaux et de la faiblesse des stocks alimentaires dont disposent les ménages.