La commission des lois de l’Assemblée nationale sénégalaise a rejeté le projet de loi de finances rectificative pour 2026. Cette décision témoigne de la persistance des désaccords entre le parti au pouvoir, le « Pastef », et le gouvernement dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye. Ce blocage survient alors que le gouvernement n’a pas répondu à une série de conditions posées par le parti — dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko et disposant d’une large majorité au Parlement. Dans un communiqué, le « Pastef » a expliqué que sa position se fonde sur le non-respect, par le gouvernement, de cinq conditions préalablement soumises. La principale exigence concerne la divulgation des accords conclus avec la Banque mondiale, dans un contexte marqué par les répercussions persistantes de la crise des « dettes cachées », qui a engendré une impasse politique durant près de deux ans.
Les revendications portent également sur une réduction des dépenses publiques et sur l’instauration de contrôles plus stricts concernant les fonds spéciaux, souvent qualifiés de « fonds noirs ». Par ailleurs, le parti a critiqué les coupes budgétaires prévues par le projet de loi dans plusieurs secteurs jugés prioritaires, notamment la santé, l’éducation et la formation professionnelle, estimant que ces réductions affectent des domaines fondamentaux pour le pays. En revanche, la position du « Pastef » a suscité des critiques de la part de l’opposition parlementaire. La coalition « Takku Wallu » a dénoncé ce qu’elle a qualifié de « guerre » entre deux anciens alliés — le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko — avertissant que ces dissensions se déroulent au détriment de l’intérêt national. Le projet de loi de finances rectificative doit être soumis à débat lors d’une séance plénière de l’Assemblée nationale, ce mardi 27 octobre. Il est possible qu’il soit de nouveau rejeté par les députés, ce qui placerait le gouvernement face à des options constitutionnelles pour surmonter ce blocage. En cas de nouveau rejet, le gouvernement pourrait, selon des experts, recourir à l’alinéa 6 de l’article 86 de la Constitution sénégalaise. Cette disposition permet au Premier ministre d’engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale, en vue de faire adopter le budget sans passer par un vote parlementaire.