Politique

Tanzanie : L’opposant Tundu Lissu menace d’entamer une nouvelle grève de la faim

L’opposant tanzanien Tundu Lissu menace d’entamer une nouvelle grève de la faim pour protester contre les restrictions imposées à la confidentialité de ses échanges avec ses avocats. Selon son équipe de défense, les autorités n’ont toujours pas mis en œuvre une décision de justice garantissant son droit de s’entretenir avec ses conseils sans que les gardiens ne puissent écouter les conversations. Tundu Lissu, dirigeant de l’un des principaux partis d’opposition en Tanzanie, est détenu depuis avril 2025. Il est accusé de trahison, un chef d’accusation passible de la peine de mort. Le verdict dans son affaire est attendu pour le 6 novembre prochain, dans un contexte de vives inquiétudes concernant ses conditions de détention et les garanties entourant son droit à la défense.

L’opposant avait déjà mené une grève de la faim en mai 2025, réclamant alors à comparaître physiquement devant les juges. Par cette nouvelle action, il cherche à contraindre l’administration pénitentiaire à l’autoriser à s’entretenir avec ses avocats en toute confidentialité, à l’abri des oreilles des gardiens, afin de garantir la liberté d’échanger sur les détails du dossier et de préparer sa défense juridique. Le 16 octobre dernier, la Haute Cour de Tanzanie a rendu une décision autorisant les gardiens de prison à surveiller les rencontres entre Tundu Lissu et ses avocats, tout en leur interdisant d’écouter le contenu des échanges. Toutefois, la défense affirme que cette décision n’a pas encore été appliquée au sein de la prison d’Ukonga, où est incarcéré l’opposant.

C’est ce qui l’a conduit à menacer de recourir de nouveau à la grève de la faim, afin de faire pression pour que la décision judiciaire soit respectée. Selon son avocat, Lissu a l’intention d’entamer une grève de la faim et de cesser de prendre ses médicaments, malgré les risques pour sa santé, alors qu’il demeure en détention dans l’attente du verdict dans l’affaire qui le vise. Les inquiétudes de l’opposant ne se limitent pas aux restrictions imposées à ses échanges avec son avocat ; un responsable de son parti a indiqué qu’il craignait également pour sa sécurité personnelle, ayant perdu confiance dans la nourriture fournie par l’administration pénitentiaire.

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