Les autorités guinéennes ont inauguré, dimanche, la première raffinerie d’or du pays : la « Nimba Gold Refinery », située dans la capitale, Conakry. Grâce à cette installation, la Guinée – l’un des principaux producteurs d’or en Afrique – sera en mesure de générer une valeur ajoutée accrue. Jusqu’à présent, le pays exportait son or à l’état brut, qu’il provienne de mines industrielles ou de l’exploitation artisanale. La Guinée emboîte ainsi le pas à d’autres nations africaines ayant ouvert des raffineries d’or ces dernières années, telles que le Mali, le Burkina Faso et le Ghana. Par ailleurs, la Côte d’Ivoire prévoit également l’ouverture d’une installation similaire d’ici 2027.
Les autorités guinéennes avaient exprimé, à maintes reprises, leur mécontentement face à l’exportation de l’or national à l’état brut pour être raffiné à l’étranger. À cet égard, le ministre des Mines, Bouna Sylla, a salué cette évolution en déclarant : « Pendant des siècles, la Guinée a extrait et exporté de l’or à l’état brut. Bien que notre pays figure parmi les principaux producteurs d’or en Afrique de l’Ouest, la valeur ajoutée issue du raffinage ne nous profitait pas. Aujourd’hui, cette époque est révolue ». Selon le ministre, la Guinée a désormais la possibilité d’acquérir jusqu’à 30 % de l’or produit par les entreprises minières industrielles et semi-industrielles, afin de le raffiner sur place. Il convient de noter que, sur les 70 tonnes d’or exportées par le pays en 2025, environ 50 tonnes provenaient de l’exploitation minière artisanale.
Pour Omar Toutia Barry, directeur de l’Observatoire guinéen des mines et métaux (OGMM), le défi majeur réside dans l’acheminement de cet or, extrait par des méthodes traditionnelles, vers la raffinerie. Il explique : « Une grande partie de cette production artisanale échappe encore au contrôle de l’administration minière et est souvent passée en contrebande par-delà les frontières, vers le Mali ou d’autres pays. La question fondamentale qui se pose aujourd’hui est donc la suivante : comment intégrer cet important volume de production artisanale et l’orienter vers les nouvelles infrastructures de raffinage » ?