Economie

Les tensions en mer Noire ravivent les inquiétudes concernant les importations de blé en Afrique

Les tensions en mer Noire et les perturbations dans le détroit d’Ormuz ravivent les inquiétudes quant à l’approvisionnement mondial en blé, alors que plusieurs pays africains dépendent fortement des importations pour couvrir leurs besoins. La hausse des prix du blé, et surtout la volatilité des marchés, compliquent davantage les opérations d’approvisionnement, au moment où la crainte d’une nouvelle crise alimentaire refait surface. Le prix du blé a augmenté de plus de 20 % depuis le début de l’année, parallèlement à la hausse des coûts de fret et d’assurance liée aux tensions sur plusieurs routes commerciales stratégiques, ce qui exerce une pression supplémentaire sur les pays importateurs.

Les répercussions de cette hausse des prix commencent déjà à se faire sentir chez les consommateurs africains. Selon Rémi Dubois, président de la société de commerce international « Céréalis », spécialisée dans l’exportation de blé vers l’Afrique, les risques seraient bien plus élevés en cas de rupture d’approvisionnement. « Il y a un impact, bien sûr, sur les acteurs économiques, mais aussi sur le consommateur ; car même si le prix du pain est subventionné ou bloqué dans certains pays, le consommateur finit par payer plus cher. Toutefois, la situation pourrait devenir bien plus critique si des ruptures d’approvisionnement survenaient réellement dans certains pays », a déclaré M. Dubois. Il a ajouté que cela « pourrait entraîner une pénurie de pain dans les pays où la consommation est élevée, ce qui risquerait d’avoir des conséquences sociales extrêmement graves ».

La société « Céréalis » a exporté environ 900 000 tonnes de céréales vers le continent africain au cours de l’année écoulée. Selon Rémi Dubois, les meuneries africaines figurent parmi les acteurs les plus exposés à la volatilité des prix, car elles s’approvisionnent souvent sur le marché au comptant — c’est-à-dire directement et à court terme, au moment des besoins — plutôt que de recourir à des contrats à long terme. La dépendance aux importations est exacerbée par les difficultés rencontrées par la production locale dans plusieurs pays africains, la sécheresse ayant particulièrement affecté certaines cultures. Au Tchad, le gouvernement a interdit l’exportation de plusieurs types de céréales, dont le blé, afin de préserver les stocks disponibles et de couvrir les besoins intérieurs.

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