Celllou Dalein Diallo, principal leader de l’opposition guinéenne, a déclaré que la « résistance directe » contre le putschiste devenu président est la seule voie restante vers un changement, après la dissolution de 40 partis politiques par les autorités. Cette décision intervient deux mois après l’investiture de l’ancien chef de la junte militaire, Mamadi Doumbouya, à la suite d’élections où certains de ses principaux rivaux ont été empêchés de se présenter. Parmi les partis dissous figurent le Rassemblement du peuple guinéen (RPG), dirigé par l’ancien président Alpha Condé, et l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de M. Diallo, actuellement en exil.
Vendredi dernier en fin de journée, le ministère guinéen de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a publié un décret ordonnant la fermeture des sièges et des antennes locales de 40 partis politiques et interdisant l’utilisation de leurs logos, abréviations et autres symboles. Les biens des partis ont été confisqués et tous leurs bureaux ont été fermés. Le ministère a déclaré que les partis n’avaient pas respecté leurs obligations légales, notamment la soumission des états financiers obligatoires. Plusieurs partis dissous ont nié ces allégations, affirmant avoir rempli toutes leurs obligations légales. Dans une déclaration vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Diallo a déclaré que le décret constituait « une véritable déclaration de guerre » contre quiconque conteste le président Doumbouya. Il a ajouté que le changement politique ne s’obtiendrait ni par le dialogue ni par les processus démocratiques.
Il a poursuivi : « Le chef de la junte militaire et son entourage corrompu veulent réécrire l’histoire du pays en éliminant de la scène politique toutes les forces susceptibles de dominer son État à parti unique naissant ». Jean-Marc Télanou, ancien ministre et président du Rassemblement pour le développement intégré de Guinée (RIDDG), a également critiqué la décision. Il a déclaré que son parti se battrait pour recouvrer ses droits et « utilisera tous les moyens légaux pour les rétablir ». La dissolution des partis intervient deux mois avant les élections législatives, une autre étape cruciale de la transition du régime militaire au régime civil.