Le chef de l’opposition congolaise, Martin Fayulu, a été blessé vendredi à Kinshasa, la capitale, lors d’un rassemblement organisé par une coalition de partis d’opposition pour protester contre un projet de réforme constitutionnelle. La manifestation, qui se dirigeait vers le Parlement, a dégénéré en affrontements entre partisans de l’opposition, partisans du gouvernement et forces de l’ordre, qui ont dispersé les manifestants à l’aide de gaz lacrymogène. M. Fayulu, arrivé deuxième à l’élection présidentielle de décembre 2018, a été blessé alors qu’il participait à un cortège regroupant plusieurs des principaux partis d’opposition, qui accusent le président Félix Tshisekedi de chercher à se maintenir au pouvoir.
Félix Tshisekedi est au pouvoir depuis 2019 et son second mandat de cinq ans doit s’achever en 2028. La Constitution congolaise limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Cependant, la majorité présidentielle fait pression depuis plusieurs semaines pour une réforme constitutionnelle, et le président congolais a déclaré début mai qu’il accepterait de briguer un troisième mandat « si le peuple le souhaite », à l’issue d’un référendum. Dans ce contexte, une coalition des principaux partis d’opposition congolais a tenté d’organiser un rassemblement devant le Parlement à Kinshasa vendredi pour protester contre le projet de réforme constitutionnelle. Le rassemblement a rapidement dégénéré en affrontements entre partisans de l’opposition et partisans du gouvernement, avant que les confrontations ne s’étendent aux forces de l’ordre.
La police a dispersé la manifestation, qui comptait une centaine de militants, à l’aide de gaz lacrymogène. Au cours de ces événements, Martin Fayulu, arrivé deuxième aux élections de 2018 et troisième à celles de 2023, a été blessé. L’équipe de communication du chef de l’opposition, Dily Sissanga, a également rapporté, via la plateforme X, qu’il avait été « blessé à la jambe par balle par la police », bien que cette allégation n’ait pas été officiellement confirmée. Suite à ces affrontements, plusieurs partisans de l’opposition ont trouvé refuge au siège du parti « Engagement pour la citoyenneté et le développement » (ECIDE) de Fayulu.