Le Burkina Faso a rompu ses relations diplomatiques avec la France, l’accusant d’être à l’origine d’une résolution du Parlement européen adoptée la semaine dernière. Cette résolution critique ce que le Parlement qualifie de « campagnes de répression » et de « détérioration des libertés fondamentales » dans le pays, dirigé par une junte militaire depuis 2022. Le Burkina Faso a protesté contre cette résolution, la dénonçant comme une ingérence flagrante dans ses affaires intérieures. Le ministre des Affaires étrangères a convoqué le chef de la délégation de l’UE au Burkina Faso, Philippe Brunchin, avant de décider de rompre les relations diplomatiques avec la France avec effet immédiat.
L’annonce a été faite dans une déclaration lue par le ministre de la Communication, Gilbert Ouédraogo, à la télévision d’État. Il a justifié cette décision en affirmant que « les conditions fondamentales pour le renforcement des relations, fondées sur le respect mutuel, la confiance mutuelle et le respect du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures et de la souveraineté nationale, ne sont plus réunies ». Il a ajouté que cette décision faisait suite à « une évaluation approfondie de l’état actuel des relations bilatérales entre le Burkina Faso et la France ». Le Burkina Faso a accusé la France de se livrer à ce qu’il a qualifié d’« activité hostile continue contre les intérêts du Burkina Faso et ses ambitions néocoloniales », et a réitéré son accusation selon laquelle Paris soutient des « réseaux de sabotage et terroristes » actifs dans la région du Sahel.
Le Burkina Faso a souligné que « cette décision n’affecte en rien les liens historiques, humanitaires, culturels et sociaux qui unissent les peuples burkinabè et français », précisant qu’elle vise « exclusivement le cadre institutionnel des relations diplomatiques entre les deux pays », dans la première réaction officielle française à cette décision, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascal Confavreau, a déclaré que son pays regrettait cette « décision hostile et injustifiée, qui témoigne de la déviation alarmante des autorités burkinabè ». Il a ajouté : « Les mesures de réciprocité nécessaires sont actuellement à l’étude».