Politique

En Algérie, la Coupe du Monde a éclipsé la mascarade des élections truquées

Enfin, le pays a poussé un soupir de soulagement et est entré dans une période de silence électoral. Ce silence n’était pas imposé par la Haute Commission Électorale ; au contraire, il s’agissait d’un silence populaire volontaire, témoignant de la conscience politique exceptionnelle des Algériens après vingt jours de rhétorique grandiloquente et de promesses fallacieuses, allant de la transformation des rivières en miel à la création de plages pour les villes de l’intérieur. La campagne pour l’élection présidentielle de 2026 a coïncidé avec le début de la Coupe du Monde, et c’est là que le désastre a frappé les candidats. Les stratèges des partis pensaient que tenir des meetings devant des écrans géants diffusant les matchs leur garantirait une forte mobilisation.

Or, le résultat fut choquant. Les supporters algériens ont exulté à chaque but marqué par leur équipe nationale et ont hué dès que le candidat menteur, porte-parole des généraux, s’est emparé du micro pour parler de croissance économique durable et des généreuses primes que les citoyens recevraient en cas de victoire de son parti. La plus grande surprise, qui a fait rire les électeurs, fut la manœuvre douteuse employée par les partis dans une tentative pathétique de se moderniser et d’attirer les électeurs. Un étrange renversement de situation s’est produit : les partis islamistes ont soudainement abandonné leur rhétorique traditionnelle et leurs candidats se sont mis à parler d’intelligence artificielle, de marketing digital et d’internet à haut débit.

On a même vu certains d’entre eux en jeans, accompagnés d’une belle femme voilée, chantant des chansons du regretté Cheb Hasni. Quant aux partis libéraux, ils se sont transformés en prédicateurs sunnites en thobe. Les islamistes commençaient leurs discours par la Basmala et la Hamdala, distribuant des dattes et des chapelets dans les quartiers, dans une scène grotesque et comique reflétant la schizophrénie politique qui caractérise ces élections. Ce changement soudain de convictions et d’engagements n’a fait que renforcer la conviction du peuple opprimé que les programmes électoraux ne sont qu’un catalogue grotesque dont la couverture est modifiée au gré des tendances politiques et numériques et des intérêts personnels.

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Les candidats ont lamentablement échoué à mobiliser les masses et à gagner la confiance du peuple. Les places jadis grouillantes de supporters à la solde des généraux sont désormais désertes comme un désert aride. L’Algérien s’est enfin éveillé de sa torpeur et a compris que le jeu est répétitif, les visages familiers, les promesses vaines et les illusions inutiles. Le simple citoyen a préféré l’isolement politique et les pauses café à un hors-jeu flagrant lors de la Coupe du Monde plutôt que de participer à la farce d’élections truquées dont le vainqueur est déjà connu. L’électeur a compris que son vote au café pouvait certes encourager un joueur capable de lui procurer une joie véritable pendant 90 minutes, tandis que son vote dans l’urne pouvait garantir l’immunité à un individu.

Et des privilèges pour cinq années entières, après quoi il disparaîtrait derrière la vitre de sa voiture de luxe, laissant l’Algérien souffrir en silence. Aujourd’hui, avec le début du silence électoral et l’abandon des bureaux de vote en Algérie, les candidats ont dormi avec de l’amertume au cœur, éclipsés par les tribunes de la Coupe du monde, tandis que l’Algérien dormait paisiblement après avoir exercé son droit démocratique le plus fondamental, celui d’ignorer totalement la bande de voleurs et d’assassins.

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