Politique

La Guinée-Bissau se prononcera par référendum sur une nouvelle constitution renforçant les pouvoirs présidentiels

La Guinée-Bissau, actuellement dirigée par des militaires ayant pris le pouvoir par un coup d’État l’an dernier, organisera un référendum constitutionnel le 30 août. Ce référendum vise à renforcer les pouvoirs présidentiels et à modifier les règles des élections prévues en décembre. Selon la constitution actuelle, le Parlement de Guinée-Bissau nomme un Premier ministre qui forme ensuite le gouvernement. La nouvelle constitution permettrait au président de nommer et de révoquer le Premier ministre et le gouvernement. Elle lui conférerait également le pouvoir de créer ou de supprimer des ministères, de présider le Conseil des ministres, de dissoudre le Parlement en cas de crise politique grave et de révoquer le gouvernement dans certaines circonstances.

La nouvelle constitution prévoit également de réduire le nombre de sièges au Parlement de 102 à 65 et le nombre de circonscriptions électorales de 29 à 12. Le coup d’État a eu lieu en novembre dernier, la veille de la publication des résultats de l’élection présidentielle par la commission électorale. Manuel Nobre de Barros, professeur à l’Université Lusovo de Guinée-Bissau, estime que la réduction du nombre de circonscriptions électorales pourrait limiter l’influence des partis bénéficiant d’un fort soutien populaire local. Il ajoute que ces réformes, plus largement, modifieront l’équilibre des pouvoirs entre le président et le Parlement. « Ces changements confèrent au président un pouvoir absolu en vertu de la nouvelle constitution, sans aucune opposition politique », a-t-il déclaré.

La constitution exigera des candidats à la présidence qu’ils résident de façon permanente en Guinée-Bissau depuis au moins cinq ans, une condition absente de la constitution actuelle, qui stipule que les candidats doivent être de nationalité guinéenne de naissance, âgés d’au moins 35 ans et jouir de la plénitude de leurs droits civils et politiques.

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