Politique

L’arrestation de l’ancien ministre de la Défense du Niger reste entourée de mystère

Les circonstances de l’arrestation de l’ancien ministre de la Défense, Kalla Moutari, 62 ans, demeurent floues. Une semaine après son arrestation dans la région de Maradi, les autorités nigériennes n’ont publié aucune déclaration officielle expliquant les raisons de son arrestation ni les charges retenues contre lui. Cette arrestation intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires, suite aux violentes émeutes qui ont secoué la capitale, Niamey. Selon plusieurs sources, Kalla Moutari, arrêté le 1er septembre 2026, est en bonne santé et se trouve actuellement détenu dans un commissariat de gendarmerie à Niamey. L’ancien ministre se trouvait dans la ville de Dakoro, dans la région de Maradi, lorsqu’il a été interpellé par des véhicules de la gendarmerie.

L’arrestation a eu lieu dans l’après-midi du 1er septembre, trois jours seulement après les violentes émeutes qui ont secoué la capitale nigérienne et plongé le pays dans une période de fortes tensions politiques et sécuritaires. Depuis son arrestation, les autorités nigériennes n’ont communiqué aucune information officielle concernant cette affaire. Kalla Moutari est une figure importante de la vie politique et militaire nigérienne. Il est membre du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), parti auquel appartenaient de nombreux hauts responsables de l’ère de l’ancien président Mahamadou Issoufou. Avant d’être nommé ministre de la Défense dans le gouvernement du président Issoufou, poste qu’il a occupé de 2016 à 2019, Moutari a été député. Durant cette période, il est devenu l’un des acteurs clés de la politique de défense et de sécurité du pays.

Ce n’était pas la première fois que l’ancien ministre était détenu. Il avait été arrêté en 2023 à la suite du coup d’État militaire qui avait renversé le président Mohamed Bazoum et porté au pouvoir le général Abdourahmane Tiéné et le Comité national pour la protection de la patrie (CNSP). Kalla Moutari est resté en détention jusqu’à sa libération en avril 2025, en même temps qu’une cinquantaine d’autres personnes, dont plusieurs ministres et responsables du régime renversé par le coup d’État. La libération de ces personnes faisait suite aux recommandations issues des consultations nationales tenues deux mois auparavant, qui préconisaient des mesures pour apaiser les tensions et promouvoir la réconciliation nationale, « au nom de la tolérance et de la réconciliation entre Nigériens ».

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