Justin Koné Katinan, vice-président du Peuple pour la Paix – Côte d’Ivoire (PPA-CI), parti de l’ancien président Laurent Gbagbo, a été incarcéré et inculpé d’au moins neuf chefs d’accusation, dont « actes terroristes », en lien avec les troubles entourant l’élection présidentielle d’octobre 2025. M. Katinan a été convoqué au commissariat mercredi suite à une plainte déposée par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), parti au pouvoir, pour « diffamation ». Cette plainte fait suite aux déclarations du chef de l’opposition accusant le parti au pouvoir d’être à l’origine de la prolifération de l’exploitation minière aurifère illégale en Côte d’Ivoire. M. Katinan avait affirmé que l’exploitation minière aurifère illégale avait servi à « financer » la rébellion qui a divisé le pays durant les années 2000.
Selon le parti de Gbagbo, Katinan est désormais également accusé de « trouble à l’ordre public », en lien avec l’élection présidentielle d’octobre 2025. Dans un communiqué publié vendredi, il a été rapporté que Katinan avait été emprisonné et inculpé d’au moins neuf chefs d’accusation, dont « actes terroristes », découlant des troubles entourant l’élection présidentielle d’octobre 2025. Son avocate, Roselyne Serekba, a déclaré qu’il devait comparaître vendredi devant l’unité antiterroriste du tribunal d’Abidjan. Le Parti populaire pour la paix a dénoncé ce qu’il a qualifié de « piège judiciaire », accusant les autorités de chercher à « criminaliser tout discours politique de l’opposition ». De son côté, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a rappelé mercredi que « la liberté d’expression est aussi liée au sens des responsabilités », affirmant qu’« on ne peut pas mentir » au nom de cette liberté.
L’élection présidentielle d’octobre 2025 a vu la victoire du président Alassane Ouattara et s’est déroulée dans le calme, malgré quelques violences qui ont fait 11 morts. Des dizaines de sympathisants de l’opposition ont également été arrêtés ou emprisonnés durant cette année électorale. Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien réélu en mai dernier à la tête du Parti populaire pour la paix (PPP), a annoncé le mois dernier une redistribution des pouvoirs au sein de la direction du parti, une mesure visant à renforcer la cohésion et à élargir les responsabilités des dirigeants.