La police ougandaise a confirmé le meurtre de Robert Kabera, un ancien militaire rwandais opposé aux autorités de son pays, dont le corps décapité a été retrouvé près de la capitale ougandaise, Kampala. Les circonstances de la découverte du corps et le mode opératoire du meurtre ont suscité un vif émoi, soulevant des interrogations quant aux mobiles possibles de ce crime. Kabera, qui avait servi dans l’armée avec le grade de sergent-chef, était également connu pour ses activités artistiques ; il avait été chanteur au sein de l’« Army Jazz Band », la formation musicale des Forces de défense rwandaises. Il résidait en Ouganda en tant que réfugié depuis plusieurs années, période durant laquelle il s’était fait remarquer par ses critiques publiques à l’encontre des autorités rwandaises.
Le corps de Kabera a été découvert près d’une maison qu’il faisait construire dans la localité de Kamingo, située à environ 50 kilomètres au sud-ouest de Kampala. Selon des témoignages de membres de sa famille rapportés par les médias ougandais, Kabera est arrivé dans la zone le vendredi 16 octobre au soir. Il a été aperçu pour la dernière fois dans un bar du village, qu’il a quitté aux alentours de 21 heures. Dans le cadre de l’enquête en cours, la police ougandaise recherche un conducteur de moto-taxi qui accompagnait la victime, selon les informations circulant sur cette affaire. La police a confirmé avoir identifié le corps, précisant que la tête de la victime avait été séparée du tronc. Elle a également annoncé l’ouverture d’une enquête visant à élucider les circonstances du décès et à identifier les responsables.
Robert Kabera, également connu sous le nom de « Sergent Robert », jouissait d’une large audience sur les réseaux sociaux ; sa chaîne YouTube comptait environ 145 000 abonnés.
Il y publiait régulièrement des vidéos dans lesquelles il adressait de vives critiques aux autorités de Kigali, la capitale rwandaise, ce qui lui a valu une certaine notoriété au sein de la diaspora rwandaise opposée au régime. Kabera avait quitté le Rwanda en 2020, alors qu’il était visé par des accusations de viol et recherché par les autorités rwandaises. Il avait toutefois publiquement démenti ces allégations, les qualifiant de totalement inventées.