Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a averti que si l’Érythrée servait de « base à nos ennemis », cela entraînerait des conséquences « extrêmement graves ». Cette mise en garde intervient alors que les tensions s’intensifient entre les deux pays voisins de la Corne de l’Afrique, faisant craindre un nouveau conflit militaire susceptible de menacer la stabilité régionale. Lors d’une interview télévisée diffusée lundi soir sur une chaîne publique, Abiy Ahmed a affirmé que « les relations de bon voisinage et le partenariat constituent la seule voie à suivre », soulignant que la coopération économique représente une alternative viable au conflit. Le Premier ministre s’est exprimé en tigrinya — langue parlée dans la région éthiopienne du Tigré ainsi qu’en Érythrée — alors que les différends politiques et sécuritaires entre Addis-Abeba et Asmara ne cessent de s’aggraver.
Cet avertissement éthiopien s’inscrit dans un contexte d’escalade entre les deux nations, qui ont rompu leurs relations diplomatiques en octobre, les deux pays s’accusent mutuellement de soutenir des groupes d’opposition, sur fond de divergences concernant des intérêts stratégiques : Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir le « Front de libération du peuple du Tigré » (TPLF), tandis que l’Érythrée reproche à son voisin de chercher à prendre le contrôle du port stratégique d’Assab, situé en territoire érythréen. Au cours de l’entretien, Abiy Ahmed a évoqué la situation économique en Érythrée, soulignant ce qu’il a qualifié d’aggravation des déplacements de population et des difficultés de subsistance ; il a déclaré que « l’exode et la misère font désormais partie du quotidien du peuple érythréen ». Il a également comparé la situation actuelle du pays à l’activité industrielle et commerciale qui y prévalait avant son indépendance vis-à-vis de l’Éthiopie en 1993.
Le Premier ministre éthiopien a réitéré son appel à établir des relations fondées sur le bon voisinage et le partenariat économique, affirmant qu’il s’agit de la seule voie à suivre pour les deux pays afin d’éviter une confrontation. Toutefois, il a conditionné cette démarche à une réponse positive de l’Érythrée aux appels à la coopération, avertissant que « faire fi de nos appels entraînera des conséquences extrêmement graves ».