À l’approche de l’Aïd al-Adha, de nombreux acteurs des marchés ovins algériens s’interrogent sur le sort des races locales, notamment suite à la décision d’importer des races de Roumanie, d’Espagne et de Hongrie, dans ce contexte, l’expert agricole Moussa Ait El Hadj a déclaré que l’Algérie est considérée comme l’un des pays les plus riches au monde en termes de races ovines, réparties sur l’ensemble de ses régions et provinces. Il a ajouté : « L’Algérie est un pays agricole de premier plan, avec environ 8,5 millions d’hectares de terres arables, répartis entre les terres fertiles du nord (particulièrement propices à la culture des céréales et des arbres fruitiers), les pâturages des hauts plateaux et les terres agricoles mises en valeur au sud, connues pour la production de dattes et les cultures saisonnières».
Il a précisé : « L’élevage est diversifié, et cela vaut également pour les races ovines. Le pays est réputé pour plusieurs types de béliers, qui varient selon leur région d’origine et présentent des caractéristiques différentes en termes de qualité de la viande, d’apparence et d’autres facteurs.» L’expert a poursuivi en déclarant que « parmi les races les plus connues figurent l’Ouled Djellal, race internationalement reconnue, que l’on trouve principalement dans les steppes ; la Hamra, en Algérie occidentale ; le D’man, dans le Sud-Est ; la Rostomia (Rambi), présente sur les hauts plateaux comme le Tiaret ; le Daghma, originaire de l’Algérie occidentale ; ainsi que le Sidaoun, à l’extrême sud du pays ; le Tadhamit, et bien d’autres ».
Il a également insisté sur la nécessité de « créer et développer des laboratoires dédiés à la préservation du patrimoine génétique des races ovines afin de les protéger de l’extinction et des croisements ». De son côté, Saïd Salmi, membre de la Fédération des éleveurs, a souligné que « nous, éleveurs, rencontrons de nombreuses difficultés pour maintenir nos troupeaux et développer nos activités. Celles-ci sont notamment liées aux aléas climatiques, comme la sécheresse de ces dernières années, qui a entraîné des pénuries d’eau et de fourrage ».