Société

Manifestations contre l’immigration en Afrique du Sud : 800 Ghanéens contraints de quitter le pays

Le Ghana a lancé sa première opération de rapatriement depuis l’Afrique du Sud après que près de 800 personnes se sont inscrites pour rentrer chez elles, suite à l’escalade des manifestations contre l’immigration dans plusieurs villes sud-africaines. Selon la BBC, des dizaines de bus affrétés par l’ambassade du Ghana ont été aperçus transportant des passagers vers l’aéroport international OR Tambo de Johannesburg pour leur départ. Le groupe comprenait des hommes, des femmes et des enfants de tous âges. Un groupe plus restreint est arrivé dans un fourgon de police et a été séparé des autres passagers sous haute sécurité.

Cette initiative intervient après une vague de manifestations dans plusieurs villes ces dernières semaines contre l’immigration clandestine, sur fond de craintes croissantes d’une résurgence des violences xénophobes similaires à celles qui ont secoué le pays ces dernières années. Les autorités ghanéennes ont confirmé que tous les voyageurs avaient été enregistrés par le personnel de l’ambassade et de l’aéroport. Elles ont indiqué qu’un premier groupe de 300 personnes était parti mercredi matin, tandis que les autres personnes enregistrées partiraient ultérieurement après la fin des procédures de contrôle et de vérification, la plupart des personnes qui partaient refusaient de parler aux médias. Cependant, l’un d’eux, Rudolph, installé en Afrique du Sud depuis dix ans et gérant d’un salon de beauté, a déclaré que les récentes manifestations l’avaient incité à partir.

Il a ajouté : « Il n’est plus facile pour nous de rester ici, nous devons donc partir. Je pense que nous trouverons la paix dans notre pays d’origine». On estime à environ 25 000 le nombre de Ghanéens résidant en Afrique du Sud. Les organisateurs des manifestations affirment que les migrants sans papiers mettent à rude épreuve les services publics et les opportunités d’emploi, et exigent du gouvernement qu’il prenne des mesures plus strictes pour endiguer ce phénomène. Les manifestations sont menées par un groupe appelé « March and March », qui se présente comme un mouvement citoyen réclamant une réforme des politiques d’immigration. Le groupe a fixé au 30 juin la date limite pour que les migrants sans papiers quittent le pays.

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