Amnesty International a condamné l’expulsion de 11 personnes par les États-Unis vers l’Eswatini, qualifiant l’opération d’« illégale ». Il s’agit du quatrième transfert de ce type vers ce royaume d’Afrique australe depuis juillet 2025, selon l’Agence France-Presse. « Les autorités de l’Eswatini doivent cesser de faciliter ces transferts illégaux », a déclaré Flavia Mwangovia, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est et australe, dans un communiqué. Elle a ajouté que ces expulsions font « partie intégrante des politiques cruelles, racistes et xénophobes de l’administration Trump ». L’organisation a appelé Washington à « mettre immédiatement fin à cette politique illégale et à démanteler le système de détention et d’expulsion massives ».
Amnesty International a souligné avoir documenté de graves conséquences en matière de droits humains liées à ces transferts, notamment la détention arbitraire, l’accès restreint à un avocat, le déni de procédure régulière et le risque de renvoi forcé vers d’autres pays, elle a souligné que « les États ne peuvent se décharger de leurs obligations en matière de droits humains » et que le droit international exige que toute personne ait la possibilité de contester son transfert avant qu’il ne soit effectué. Le groupe est arrivé mercredi dernier à bord de deux vols en provenance des États-Unis. Une vidéo obtenue par l’AFP montre les personnes expulsées arrivant au centre correctionnel de haute sécurité de Matsava, situé près de l’aéroport international.
La porte-parole par intérim du gouvernement d’Eswatini, Tapele Mdlule, a confirmé que ce quatrième groupe de « ressortissants de pays tiers » était arrivé « dans le cadre de l’accord bilatéral existant avec le gouvernement des États-Unis » et qu’ils « proviennent majoritairement de pays africains ». Elle a ajouté que leurs droits fondamentaux « seront respectés et protégés conformément aux lois du Royaume et à ses obligations internationales » pendant leur séjour temporaire. Des sources locales ont indiqué à l’AFP que dix membres du groupe étaient originaires de pays africains et un d’Amérique du Sud.