Human Rights Watch a déclaré que la pollution engendrée par les activités de la compagnie pétrolière franco-britannique Perenco en République démocratique du Congo expose les communautés voisines à des risques sanitaires, notamment des maladies respiratoires et des symptômes tels que des douleurs thoraciques. Perenco est le seul producteur de pétrole du pays et exploite des installations terrestres et maritimes autour de la ville de Muanda, le long d’une bande côtière de 37 kilomètres (23 miles) sur la côte atlantique du Congo, extrayant environ 19 500 barils de pétrole par jour. Human Rights Watch a indiqué que ses conclusions reposent sur des entretiens avec 45 habitants, travailleurs du secteur pétrolier, professionnels de la santé, responsables et experts locaux, ainsi que sur l’analyse d’images satellites, de vidéos et de photographies de la région.
Le groupe a signalé que des données de télédétection et des témoignages indiquaient un torchage de gaz, largement interdit par la loi congolaise, sur cinq sites entre janvier 2025 et mars 2026, dont un à moins de 80 mètres d’habitations. Le groupe a fait état de cas de maladies respiratoires et d’autres symptômes tels que douleurs thoraciques, maux de tête et nausées rapportés par les habitants. Le groupe a également affirmé que Perenco n’avait pas empêché les fuites de pétrole des puits et des pipelines dans les sols et les rivières, citant deux études antérieures comme preuves supplémentaires. Une enquête du Sénat congolais menée en 2013 a conclu que les niveaux de plomb et de mercure dans l’eau potable dépassaient les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé. En 2025, une étude réalisée par des chercheurs d’universités du Congo et du Cameroun a révélé que les hydrocarbures et autres polluants présents dans les sols contaminés près de Muanda présentaient des risques potentiels pour la santé humaine.
Human Rights Watch a exhorté Kinshasa à publier les résultats de l’audit environnemental de Perenco de 2024, soulignant que les autorités n’ont toujours pas publié les conclusions préliminaires ni fixé de calendrier pour le rapport final. Selon ce rapport, Perenco a nié que ses activités aient causé une pollution de l’air, des sols ou de l’eau, ou des conséquences graves sur la santé, et a affirmé avoir investi dans la prévention de la pollution et l’entretien des infrastructures.