Un rapport d’Interpol, évaluant les cybermenaces en Afrique, indique que l’intelligence artificielle était présente, d’une manière ou d’une autre, dans 55 % des affaires de cybercriminalité recensées dans 36 pays africains en 2025. Le rapport souligne que 2025 a marqué un tournant décisif : l’intelligence artificielle est passée du statut d’outil à celui de moteur principal des cybercrimes, les outils d’IA générative étant de plus en plus accessibles et utilisables comme armes par les criminels. Le nombre de deepfakes en Afrique a également été multiplié par sept entre le deuxième et le quatrième trimestre 2024. Selon les chiffres d’Interpol, l’Afrique compte plus de 570 millions d’internautes et plus de 1,1 milliard d’abonnements de téléphonie mobile, pour un volume annuel de transactions numériques dépassant 1 100 milliards de dollars.
Avec la migration croissante des services bancaires, financiers, commerciaux et gouvernementaux vers les téléphones mobiles, la surface d’attaque des cybercriminels s’étend également. L’OCDE a indiqué que près de 70 % des organisations disposant de données ont constaté une augmentation de la fraude entre 2023 et 2024, tandis que 74 % ont signalé une hausse de leurs pertes financières. En 2025, les attaques de phishing, les appels frauduleux et les SMS frauduleux ont été les plus fréquents en termes de nombre de victimes et de montant des pertes, suivis par l’usurpation d’identité de prestataires de services financiers. L’Afrique du Sud a représenté 92 % des détections de ransomware en Afrique, selon les données de TrendAI citées par Interpol. Le pays a également enregistré 213 523 attaques par déni de service distribué (DDoS) et près de 40 % des détections de phishing sur le continent.
Avec la multiplication des services de transfert d’argent mobile, le Kenya est devenu une cible privilégiée des fraudeurs. La fraude par échange de carte SIM a explosé de 327 % en 2025, avec plus de 123 000 cartes SIM frauduleuses émises et près de 3,8 millions de dollars retirés des portefeuilles électroniques. Le pays a également enregistré plus de 46 000 attaques DDoS ciblant des entreprises de télécommunications au cours du premier semestre. Interpol décrit le Nigéria comme jouant un double rôle, à la fois source et cible de la cybercriminalité.