Le Ghana, qui mène une campagne pour des réparations pour la traite transatlantique des esclaves, un fléau qui a duré près de quatre siècles, constate un soutien croissant des nations occidentales à cette initiative, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzieto Abalakka, a expliqué mercredi, lors d’un événement sur la « justice réparatrice » organisé conjointement par le Ghana, l’Allemagne et la France en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, que la priorité actuelle de la campagne est la restitution des objets pillés. Les phases suivantes pourraient inclure des excuses officielles, un allègement de la dette et une compensation financière, conformément à un plan en 19 points adopté par l’Union africaine et la Commission pour la justice réparatrice de la Communauté caribéenne lors d’une conférence tenue au Ghana en juin.
En mars, les Nations Unies ont adopté une résolution qualifiant la traite transatlantique des esclaves de « crime le plus odieux contre l’humanité ». Cette résolution a été soutenue par 123 pays, contre trois (les États-Unis, Israël et l’Argentine) et 52 se sont abstenus, dont des États membres de l’UE et le Royaume-Uni. Le ministre a souligné que plusieurs pays européens ont depuis lors exprimé leur soutien, déclarant : « Tous les pays européens qui s’étaient abstenus nous ont contactés et ont confirmé leur intention de collaborer avec nous sur ce projet». M. Ablaka a ajouté que le Royaume-Uni et le Portugal ont offert leur soutien et que les États-Unis ont exprimé leur volonté de coopérer avec l’initiative menée par le Ghana. Il a poursuivi en indiquant que la France, l’Allemagne et les Pays-Bas se sont engagés à restituer les objets.
Le ministre a affirmé : « Le processus de restitution est crucial… ces objets doivent être rendus à leur pays d’origine.» Selon la base de données sur la traite transatlantique des esclaves, environ 12,5 millions d’Africains ont été réduits en esclavage et transportés à travers l’océan Atlantique entre le XVIe et le XIXe siècle. Ils ont été emmenés en Amérique du Sud, dans les Caraïbes et en Amérique du Nord pour travailler dans les plantations et les mines. Ce commerce a généré d’immenses richesses qui ont alimenté le développement des puissances occidentales, tout en causant des dommages économiques et sociaux durables.