Selon un rapport de l’Organisation météorologique mondiale, le nombre de personnes touchées par les phénomènes climatiques extrêmes en Afrique a atteint 13 millions. Parallèlement, l’insécurité alimentaire s’est étendue pour concerner plus de 300 millions d’habitants du continent — qui compte une population totale d’environ 1,8 milliard de personnes —, d’après les Nations unies. En Afrique, les inondations, les sécheresses et les vagues de chaleur ne sont plus de simples catastrophes saisonnières engendrant des pertes matérielles temporaires ; dans de vastes régions, elles sont devenues le catalyseur de crises humanitaires. Les manifestations les plus marquantes de ces extrêmes climatiques se sont illustrées par des inondations dévastatrices en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.
Le Nigeria et la République démocratique du Congo ont ainsi connu, ces derniers mois, des inondations meurtrières ayant fait des centaines de victimes et endommagé habitations, routes et cultures. Dans le même temps, de vastes zones d’Afrique de l’Est et de l’Ouest subissent des sécheresses sévères qui font peser une lourde menace sur la sécurité alimentaire. Des experts interrogés ont averti que la gravité de ces phénomènes réside dans le fait qu’ils ne s’achèvent pas nécessairement avec le retrait des eaux ou le retour des pluies. Ils laissent derrière eux des terres agricoles dévastées, du bétail décimé, des marchés paralysés ainsi que des familles ayant perdu leurs revenus et leur logement, transformant ainsi le choc climatique en une crise durable marquée par les déplacements de populations, la faim et la pauvreté. Compte tenu de la vulnérabilité des sociétés africaines — dont plus de 60 % dépendent de l’agriculture pluviale et du pastoralisme —, ainsi que de la faiblesse des infrastructures, de la portée limitée des filets de sécurité sociale et de l’insuffisance des systèmes d’alerte précoce, le coût des chocs climatiques s’en trouve considérablement accru.
En Afrique, les phénomènes climatiques extrêmes se manifestent par des fluctuations brutales alliant fortes précipitations et inondations d’une part, sécheresses et chaleurs intenses d’autre part, le tout entraînant des répercussions complexes sur la sécurité alimentaire. Dans ce contexte, Talaat Dafallah, conseiller en systèmes environnementaux mondiaux, souligne que l’extrémisme climatique en Afrique ne résulte pas uniquement de la violence des phénomènes naturels, mais de la conjonction entre les risques climatiques et une vulnérabilité économique, environnementale et institutionnelle chronique.