Société

L’Algérien, entre les réalisations illusoires du président Tebboune et la réalité de la pauvreté et de la faim

On a l’impression de vivre dans deux mondes parallèles qui ne se croisent jamais. D’un côté, il y a le monde des déclarations officielles anesthésiantes de « l’oncle Tebboune », qui coulent avec une douceur onctueuse, tels des fleuves dans les rêves idylliques du citoyen démuni (zawali). De l’autre, celui des robinets domestiques à sec, qui crient leur soif en émettant des bruits saccadés, semblables aux gémissements de ceux qui sont retenus captifs dans le Sahara occidental. Lorsque le responsable de la société nationale de dessalement de l’eau, un certain Mouloud Hachlaf, intervient sur les ondes pour affirmer, avec une assurance déconcertante, que le dessalement de l’eau de mer couvre désormais la majeure partie des besoins nationaux — assurant jusqu’à 95 % des besoins des Wilayas du Nord —, le pauvre zawali pourrait, un instant, s’imaginer sur le point de se réveiller à Venise ou sur les rives du Rhin, là où l’eau coule sans discontinuer et où l’apparence des habitants témoigne d’une hygiène irréprochable et de bains quotidiens réguliers…

Pourtant, la réalité vécue dans la rue raconte une tout autre histoire. Elle est bien loin du récit du président Tebboune, qui prétend que 5 milliards de mètres cubes d’eau de mer sont dessalés — surpassant ainsi les États-Unis, le Japon et la Chine réunis, voire même les habitants de Mars ! La vérité, elle, éclate dans les vidéos quotidiennes montrant des files de citoyens et citoyennes, munis de récipients et de bidons, attendant une goutte d’eau qui finira peut-être par arriver — ou pas — une fois toutes les quelques semaines, voire tous les quelques mois, pendant ce temps, les rapports et communiqués diffusés par des médias officiels corrompus vantent la « sécurité hydrique » et les grandes stratégies pour faire face à la sécheresse dans le pays. Or, pour le zawali et la zawaliya, la préoccupation majeure reste, tout simplement, d’obtenir une ration d’eau pour étancher leur soif ou pour leur permettre dans cette « Nouvelle Algérie » le luxe de devoir nettoyer la crasse accumulée… Les jours et les mois passent, et le robinet domestique n’est plus qu’un élément de décoration murale rouillé. Il nous rappelle ce « bon vieux temps » où l’eau coulait avec une pression naturelle, sous l’ère de « Maman France ».

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Pendant ce temps, les grands plans du « génie » Tebboune ne restent que de l’encre évaporée, tandis que les enfants et les personnes âgées dépérissent, assoiffés. L’abîme qui sépare le discours officiel de ce charlatan de Tebboune — saturé de mensonges, d’absurdités et de chiffres mirobolants — de la réalité vécue, marquée par une quête effrénée de la moindre goutte d’eau, est saisissant. Il illustre le fossé profond entre les « grandes stratégies » — axées sur la course aux armements et les provocations envers les pays voisins, dans une logique purement militaire — et le quotidien misérable du citoyen ordinaire. Alors que, dans les communiqués de presse et dans l’imaginaire de ce vaurien de Tebboune, on construit des barrages et des stations de dessalement, le citoyen, lui, continue sa bataille quotidienne pour obtenir un peu d’eau. Il attend, espérant un jour voir les chiffres annoncés aux informations correspondre enfin à ce qui coule — ou plutôt, ce qui ne coule pas — dans les tuyauteries rouillées de son foyer…

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