Société

Addis-Abeba accueille une réunion pour mettre fin au cycle de la faim en Afrique

Des gouvernements, des bailleurs de fonds et des organisations humanitaires se sont réunis ce mardi 3 novembre à Addis-Abeba, à l’initiative de l’Union africaine et de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, afin d’élaborer des solutions durables pour lutter contre la faim. Les discussions s’articulent autour d’une question centrale : comment dépasser le stade des interventions d’urgence, en misant sur des investissements agricoles et des initiatives locales ? Résumant le défi à relever, Moses Vilakati, commissaire de l’Union africaine chargé de l’agriculture, a déclaré : « On ne peut pas manger des politiques ». Il a souligné que si les cadres et les engagements existent, le problème majeur réside dans leur mise en œuvre.

Selon les chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) présentés lors de la réunion, environ 309 millions de personnes souffraient de sous-alimentation en Afrique en 2025. Cette situation soulève une question cruciale : comment permettre aux familles d’assurer leur sécurité alimentaire de manière durable, en s’affranchissant de la dépendance aux distributions alimentaires temporaires ? Pour Moses Vilakati, une transition initiale s’impose : réduire la dépendance aux eaux de pluie. « Nous dépendons encore principalement de l’agriculture pluviale, ce qui n’est pas une situation durable », a-t-il déclaré. « Les pluies peuvent arriver en retard, ne pas tomber du tout, ou au contraire provoquer des inondations ; autant de facteurs qui nuisent aux récoltes et à la production ».

Le commissaire a souligné le rôle crucial des petits exploitants agricoles dans le secteur agricole africain, précisant que leurs besoins vont bien au-delà de la simple distribution alimentaire en situation d’urgence : ils incluent des systèmes d’irrigation, des équipements, des semences adaptées et des engrais appropriés à la nature des sols. Concernant la disponibilité des ressources nécessaires, Villakati a fait état d’un recul du soutien extérieur, affirmant : « Les bailleurs de fonds ne sont plus aussi présents qu’autrefois, car ils sont eux-mêmes confrontés à de graves difficultés. » Il a ajouté : « Leur soutien à l’Afrique est en déclin ».

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