Selon le *New York Times*, qui cite des responsables européens et des organisations de défense des droits humains, cinq pays européens cherchent depuis des mois des États tiers pour accueillir des migrants dont la demande d’asile a été rejetée. Le Rwanda est de nouveau au centre des discussions, apparaissant comme une option privilégiée. Si cette initiative conjointe — menée par l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Grèce — aboutit, les migrants ne disposant pas d’un droit légal de séjour en Europe pourraient être transférés vers ce pays d’Afrique centrale dès le début de l’année prochaine. « Nous nous attendons à parvenir à un accord prochainement », a déclaré Anna Strolenberg, députée européenne néerlandaise, qui s’est récemment rendue au Rwanda où elle a rencontré des responsables locaux et des représentants d’organisations.
Ce projet, qui est encore à l’étude et susceptible d’être modifié, s’inscrit dans une série de politiques restrictives adoptées par certains gouvernements occidentaux en matière d’immigration. En 2022, le gouvernement de l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson avait conclu un accord avec Kigali visant à transférer au Rwanda certains demandeurs d’asile arrivés au Royaume-Uni par de petites embarcations ; une mesure présentée par Londres comme un moyen de dissuader l’immigration irrégulière. Toutefois, ce programme n’a été appliqué concrètement qu’à quatre personnes volontaires, avant de faire l’objet de nombreux recours juridiques. Il a finalement été jugé illégal par la Cour suprême britannique en novembre 2023. Des responsables de ces cinq pays ont évité de répondre aux questions du journal quant à savoir s’ils avaient officiellement arrêté leur choix sur le Rwanda.
Toutefois, ils ont affirmé à maintes reprises, au cours des derniers mois, leur détermination à mettre en place ce que l’on appelle des « centres de renvoi ». Ils justifient cette démarche par la nécessité d’alléger la pression pesant sur les pays européens — actuellement en proie à des débats houleux sur le sort des demandeurs d’asile déboutés — et soutiennent qu’une telle mesure pourrait avoir un effet dissuasif sur les embarcations de migrants. Le nom du pays retenu pourrait être dévoilé à la mi-novembre, lors d’une réunion en Autriche.