L’accord bilatéral entre Washington et Kampala concernant l’accueil par l’Ouganda de migrants expulsés, que l’administration du président Donald Trump envisage de déporter, a suscité une vive controverse au sein des cercles politiques ougandais. Certains leaders de l’opposition et de la société civile en Ouganda estiment que cet accord vise à alléger les pressions politiques sur le président Yoweri Museveni, qui avait auparavant été critiqué par l’administration américaine, laquelle a imposé des sanctions à des responsables de son gouvernement, y compris la présidente du Parlement.
Les citoyens et activistes politiques affirment que cet accord, qui permettra au gouvernement ougandais d’accueillir des étrangers expulsés d’un autre pays, nécessite l’approbation du Parlement et ne relève pas uniquement des prérogatives de l’exécutif. Les autorités de Kampala n’ont pas révélé les détails de l’accord annoncé en fin de semaine dernière, mais elles ont indiqué préférer que les personnes expulsées soient de nationalité africaine et n’aient pas d’antécédents criminels. Ces derniers jours, les services d’immigration américains ont annoncé qu’ils déporteraient Salvador Abrego Garcia vers l’Ouganda, bien que ce dernier réside dans l’État du Maryland depuis 2019 et qu’il ait une épouse et des enfants. Garcia avait déjà été expulsé vers son pays d’origine, mais un tribunal américain a décidé qu’il pouvait revenir, estimant que sa vie pourrait être en danger s’il y restait.
L’ancien chef de l’opposition au Parlement ougandais, Mathias Mpuuga, a déclaré que si l’accord était conclu sans supervision parlementaire, il sentirait la corruption. Il a qualifié l’accord de suspect, surtout à un moment où le pays peine à prendre en charge les réfugiés fuyant l’est de la République démocratique du Congo, le Soudan et le Soudan du Sud. Certains Ougandais estiment que cet accord ne peut s’expliquer que comme une décision purement économique pour le gouvernement de Museveni, bien qu’il reste flou ce que l’Ouganda obtiendra en contrepartie de l’accueil de ces expulsés. Dans ce contexte, des analystes estiment que le gouvernement pourrait chercher à obtenir de meilleurs accords commerciaux et des relations plus étroites avec le président Trump, qui a suspendu de nombreuses aides internationales, dont certaines destinées aux pays africains.
