Le gouvernement du Burkina Faso a annoncé l’arrêt des activités du projet « Target Malaria », qui visait à combattre les moustiques vecteurs du paludisme en utilisant des techniques de modification génétique, après des années de controverse sur la sécurité de cette technologie. Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a déclaré que le projet avait été complètement suspendu, et que les conteneurs abritant des moustiques génétiquement modifiés avaient été officiellement fermés depuis le 18 août dernier, avec une destruction des échantillons prévue selon des protocoles scientifiques précis.
Le ministère a ajouté que les moustiques précédemment relâchés dans un village de la province de Houet avaient été soumis à un traitement technique, précisant qu’ils ne portaient pas de caractéristiques génétiques transmissibles aux générations suivantes. En revanche, des organisations locales ont critiqué le projet, mettant en garde contre les risques de la technologie de « forçage génétique » utilisée pour propager des traits génétiques au sein d’une espèce dans le but de l’éliminer. Des activistes ont affirmé que cette technologie n’était pas encore sûre sur le terrain, soulignant que les œufs de moustiques modifiés étaient importés d’instituts de recherche européens sans garanties suffisantes.
Ces organisations ont averti que les impacts de ces organismes modifiés sur la santé et l’environnement restaient inconnus, et pourraient être permanents et irréversibles. Pour rappel, le projet « Target Malaria » a débuté au Burkina Faso en 2012 dans le cadre d’une coalition internationale visant à développer des solutions génétiques durables pour réduire la propagation du paludisme, l’une des principales causes de mortalité en Afrique.
