Au cœur de la capitale zimbabwéenne, Harare, le nom de Kenneth Raydon Sharpe, homme d’affaires controversé, se distingue comme l’un des acteurs majeurs du secteur immobilier, au milieu d’accusations d’exploitation d’influence politique et de mépris des considérations environnementales, selon un rapport publié par le site *Africa Report*, Sharpe, âgé de 52 ans, est connu pour ses liens étroits avec le président Emmerson Mnangagwa, apparaissant ensemble lors d’événements publics. Le président visite également les projets de l’entreprise *WestProp* appartenant à Sharpe, comme le complexe résidentiel *Millennium Heights* et le projet *Pokugara* dans le quartier huppé de Borrowdale.
L’une des tours résidentielles a été nommée *ED*, en référence aux initiales du président, Emmerson Dambudzo. Sharpe affirme que ses projets immobiliers ont créé plus de 20 000 emplois, en adéquation avec le slogan du gouvernement « Le Zimbabwe est ouvert aux affaires ». Il ambitionne de poser un milliard de briques d’ici 2050, dans le cadre d’un plan d’expansion incluant la construction de villes intelligentes, de complexes résidentiels de luxe et d’infrastructures sportives de niveau mondial. Cependant, derrière ce succès apparent, une série de conflits judiciaires et de critiques virulentes émerge. Sharpe s’est retrouvé en confrontation légale avec des figures de l’opposition, notamment l’ancien ministre des Finances Tendai Biti et l’ancien député Allan Markham, à propos de transactions foncières controversées, notamment le projet *Pomona City*, qui aspire à devenir la première ville intelligente du pays.
Des rapports judiciaires indiquent que la société *Augur Investments*, affiliée à Sharpe, a obtenu en 2008 un contrat pour la construction d’une route d’aéroport de 20 kilomètres sans passer par un processus d’appel d’offres, ce qui a suscité de vives critiques. Dans le cadre de cet accord, l’entreprise s’est vu attribuer 273 hectares de terrain dans la zone de Pomona, dont la valeur réelle est estimée à 205 millions de dollars, mais officiellement évaluée à seulement 20 millions, selon des documents de la Haute Cour. Les controverses environnementales ne sont pas moins marquées. Sharpe a fait face à l’opposition des résidents de Harare et des activistes environnementaux en raison de projets situés à proximité de zones humides, comme le projet *Hills Luxury Golf Estate* au sein du club de golf *Warren Hills*.
