Après plus de deux ans depuis le début des violences au Soudan et avec l’aggravation continue de la crise qui en a découlé, la vie, l’éducation et l’avenir d’une génération d’enfants soudanais sont en péril, la guerre féroce a créé des conditions dramatiques entraînant une perte tragique de vies d’enfants. Dans ce contexte, des rapports médiatiques ont de nouveau mis en lumière le dossier du recrutement d’enfants dans la guerre, une question qui a refait surface à la suite d’une décision publiée par l’Agence de presse soudanaise officielle, prise par le ministre de l’Éducation nationale, Al-Tahami Al-Zein. Cette décision exempte les enfants des martyrs de la « bataille de la dignité » ainsi que les étudiants participant à cette bataille des frais de scolarité pour toutes les étapes de l’éducation publique.
Les déclarations du ministre soudanais ont coïncidé avec une vive controverse suscitée par une photo d’un blessé des récents combats à Kordofan, dans l’ouest du Soudan. Selon le journal soudanais *Al-Rakoba*, les traits du blessé indiquent qu’il s’agit d’un adolescent de moins de 18 ans, membre des bataillons alliés à l’armée. La décision du ministre de l’Éducation, Al-Tahami Al-Zein, a provoqué une vague de critiques virulentes de la part du « Comité des enseignants soudanais », qui a qualifié cette décision de violation flagrante des droits de l’enfant et de contradiction avec les engagements juridiques et internationaux pris par l’État soudanais. Dans un communiqué, le comité a décrit les déclarations du ministre comme un précédent dangereux constituant une reconnaissance implicite de la participation d’enfants au conflit armé, soulignant que cette orientation viole directement l’article 38 de la Convention relative aux droits de l’enfant, qui interdit le recrutement ou l’implication des mineurs dans des opérations de combat, quelles que soient les circonstances.
Le comité a également estimé que la décision représente une reconnaissance officielle de l’imposition de frais de scolarité dans l’éducation publique, ce qui contredit le principe de la gratuité de l’éducation de base, consacré par les conventions internationales, notamment le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
