Dans une nouvelle affaire qui redessine les contours de la corruption généralisée en Algérie, orchestrée par le clan des généraux et une poignée d’hommes d’affaires, les investigations journalistiques sur le dossier de la « scandale des importations » ont révélé l’existence d’un réseau organisé et interconnecté impliquant des responsables militaires, des hommes d’affaires influents, des fonctionnaires et des opérateurs économiques au sein du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations. Ce réseau a constitué une véritable « empire » d’échange de faveurs et de manipulation des licences d’importation, en apposant des visas sur les tableaux prévisionnels, ce qui a permis à certains opérateurs d’obtenir des autorisations de manière illégitime en échange de commissions pouvant atteindre 250 millions de centimes par intervention, sous le slogan : « Afara hayla lik, ched med fiha tebradida » (expression dialectale signifiant approximativement : « Une affaire énorme pour toi, saisis-la et rafraîchis-toi avec »).
Les faits du dossier, selon les informations en notre possession, remontent au 8 du mois dernier, lorsque des renseignements détaillés ont été transmis au service de recherche et d’investigation du groupement régional, concernant des actes de corruption impliquant un réseau organisé qui a semé le chaos au ministère du Commerce extérieur. Ce réseau manipulait les demandes d’importation sous la direction de généraux connus et d’hommes d’affaires issus de milieux militaires, en collaboration avec une haute fonctionnaire qui occupait un poste important au ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations. Cette fonctionnaire exploitait son influence, directement ou indirectement, en acceptant des avantages indus au profit d’elle-même, de la bande et des hommes d’affaires, dans le but d’accorder des avantages illégaux à ses amis. Elle s’est également rendue coupable de l’abus intentionnel de sa fonction pour accomplir des actes contraires aux lois et règlements, et d’octroi de privilèges à la bande au pouvoir.
La fonctionnaire en question a été démasquée grâce à son amant, qui a dénoncé les faits de corruption. Il a remis à notre site le téléphone portable de la concernée, équipé de deux cartes SIM distinctes, et a affirmé que l’appareil contenait des données susceptibles d’aider l’enquête, car elle utilisait l’application WhatsApp pour recevoir les dossiers des opérateurs économiques et organiser ses transactions douteuses avec ses clients et partenaires, dans le plus grand secret et contre des sommes d’argent importantes…