À N’Djamena, la capitale tchadienne, a été annoncée la formation d’une nouvelle alliance d’opposition nommée « Coalition pour Sauver la Démocratie au Tchad » (COSADT), dans une démarche visant à unifier les rangs de l’opposition politique du pays. Cette coalition regroupe sept partis politiques qui ont décidé d’agir sous une même bannière pour faire face à ce qu’ils décrivent comme une dégradation du processus démocratique et une poursuite des restrictions imposées aux libertés publiques. Les leaders de la coalition ont affirmé, lors de la cérémonie de lancement, que cette initiative répond à l’état de tension politique que traverse le pays et vise à constituer un front uni face à ce qu’ils considèrent comme des « dépassements » du régime en place. Ils ont insisté sur leur engagement à utiliser toutes les moyens légitimes et légaux pour défendre les droits des citoyens et porter la voix du peuple tchadien à l’intérieur comme à l’extérieur.
Dans ce contexte, la coalition d’opposition a condamné ce qu’elle qualifie de resserrement de l’étau sur les libertés politiques, en pointant du doigt le processus électoral contesté de 2024, entaché – selon elle – de nombreuses irrégularités qui ont affecté sa crédibilité. Elle a également dénoncé les arrestations arbitraires visant des acteurs politiques et des militants de la société civile, ainsi que les restrictions imposées aux médias et la traque des voix dissidentes. De son côté, Izadine Ahmat Tidjani, coordinateur de la Coalition pour Sauver la Démocratie au Tchad, a déclaré que le pays a traversé une période de transition entre 2021 et 2024, mais que cette phase – selon lui – n’a pas permis de consolider la démocratie, révélant au contraire un « déficit démocratique » évident. Il a expliqué que ce déficit s’est manifesté notamment par la falsification des élections, contribuant à affaiblir la démocratie et les institutions de l’État en général.
Il a ajouté que les libertés publiques continuent de faire face à de sévères restrictions, citant le décret n° 009 qui, selon lui, interdit toujours la tenue de réunions et de rassemblements. Il a également évoqué les violations persistantes des droits humains dans le pays, mentionnant l’arrestation récente du président du Syndicat indépendant des enseignants du Tchad, Djimoudouil Faustin, il y a quelques jours.