Le gouvernement tchadien a annoncé lundi la fermeture de sa frontière avec le Soudan jusqu’à nouvel ordre, invoquant des « violations et incursions répétées » sur son territoire. Dans un communiqué officiel, le gouvernement a expliqué que la fermeture était effective immédiatement, précisant que cette mesure faisait suite à des incursions et des violations commises par des forces rivales soudanaises en territoire tchadien. N’Djamena a affirmé son droit, en vertu du droit international, de répondre à toute agression ou violation de sa souveraineté territoriale et de ses frontières. Cette décision fait suite à une série d’incidents qui ont contribué à l’escalade des tensions entre les deux pays.
Fin décembre 2025, le ministère tchadien des Affaires étrangères a rejeté les accusations portées devant la Cour pénale internationale par une ONG soudanaise, « Priorité à la paix au Soudan », qui cherchait à tenir le Tchad responsable du conflit en cours entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide. Dans un communiqué signé par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ibrichimi Adami Mahamat, N’Djamena a qualifié les accusations de « politiquement motivées et honteuses », affirmant que le Tchad est une « victime directe » de la guerre. Le communiqué souligne que depuis 2023, le Tchad a accueilli plus de 1,5 million de réfugiés soudanais, ce qui représente un fardeau humanitaire, économique, social et environnemental considérable pour le pays, malgré le maintien de sa neutralité.
Sur le plan sécuritaire, l’état-major tchadien a annoncé fin décembre 2025 qu’un camp militaire situé dans la région du Téné, dans le département du Ouaddaï, avait été attaqué par un drone aux premières heures du 25 décembre, faisant deux morts et un blessé parmi les soldats. L’armée a qualifié l’attaque d’incursion injustifiée sur le territoire tchadien, avertissant que toute nouvelle violation pourrait justifier une riposte militaire légitime en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, sans toutefois accuser formellement qui que ce soit. Compte tenu des troubles persistants au Soudan et de leurs répercussions sécuritaires et humanitaires sur les pays voisins, la décision de fermer les frontières est perçue comme une mesure souveraine visant à contenir les risques et à renforcer les mesures de sécurité dans l’est du Tchad.