Les régions du sud du Tchad ont connu, ces derniers jours, une nette escalade sécuritaire, suite au déploiement d’unités de l’armée tchadienne dans la province du Moyen-Chari, près de la frontière avec la République centrafricaine. Le mardi 13 janvier, des combats armés ont éclaté entre les forces gouvernementales et des éléments rebelles appartenant au Mouvement pour la Paix, la Reconstruction et le Développement, faisant des morts des deux côtés. Selon les informations disponibles, les affrontements ont débuté dans la zone de Kourboul, dans le sud du pays, en fin de matinée du mardi. Louk Biam, secrétaire général du Mouvement pour la Paix, la Reconstruction et le Développement, a déclaré que les forces militaires tchadiennes sont entrées à Kourboul par la localité voisine de Niou, dans le cadre d’une opération visant à encercler les éléments du mouvement.
Il a ajouté que les autorités avaient envoyé trois émissaires officiels dans la zone, dont deux vice-gouverneurs et un chef de département, pour remettre un ultimatum final aux membres du mouvement. Cependant, les rebelles ont retenu ces émissaires, ce qui a exacerbé les tensions et contribué au déclenchement des combats. Dans sa version des faits, Louk Biam a affirmé que l’armée tentait depuis le samedi précédent d’encercler les éléments du mouvement politico-militaire. De son côté, une source proche des autorités tchadiennes a indiqué que les combattants du Mouvement pour la Paix, la Reconstruction et le Développement avaient tendu une embuscade aux forces gouvernementales, ce qui a provoqué l’explosion des affrontements armés.
Les combats ont duré toute la journée et ont causé des morts et des blessés tant dans les rangs de l’armée tchadienne que parmi les rebelles. Le secrétaire général du mouvement a toutefois affirmé que les pertes étaient plus importantes du côté des forces gouvernementales, ces développements sécuritaires interviennent après plusieurs mois de négociations entre le gouvernement tchadien et le mouvement rebelle, négociations qui visaient à parvenir à un accord de paix prévoyant le désarmement du groupe et l’intégration de ses membres.