Economie

L’Afrique est-elle la porte d’entrée de la Chine pour internationaliser le yuan et mettre fin à l’hégémonie du dollar ?

La Zambie est devenue le premier pays africain à autoriser les entreprises minières chinoises à payer leurs impôts dus en yuans, mais elle ne sera probablement pas la dernière, selon un rapport publié par Bloomberg. Pékin cherche ainsi à internationaliser sa monnaie et à réduire sa dépendance au dollar américain. Cette mesure, annoncée le mois dernier par la Zambie, représente « un nouveau succès pour la Chine dans sa volonté de promouvoir l’utilisation de sa monnaie en Afrique », continent dont elle est le premier partenaire commercial. Plus tôt, le Kenya a converti une partie de ses dettes envers la Chine (initialement libellées en dollars américains) en yuans, d’après Bloomberg. L’Éthiopie mène actuellement des négociations avec Pékin pour faire de même.

Dans ce contexte, Jito Kayumba, conseiller du président zambien Hakainde Hichilema, a déclaré à Bloomberg l’importance d’utiliser le yuan « pour protéger le pays des chocs politiques américains ». Il a ajouté : « Nous apprécions sans aucun doute le dollar, qui reste la monnaie de réserve, mais plus la demande pour lui augmente, plus les risques de fluctuations monétaires sont élevés pour nous ». Selon Theodros Dagne, conseiller principal chez Africa Practice, l’annonce de la Zambie le 31 décembre dernier (permise aux entreprises chinoises de payer leurs impôts en yuans) « constitue un modèle que la Chine cherche à reproduire en Afrique ». Il explique que Pékin vise à « briser le monopole » existant dans la structure du système financier mondial, en référence à la domination du dollar américain dans les échanges internationaux.

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Il ajoute que les pays africains s’orientent vers une « pluralité monétaire », ce qui renforcera la position stratégique de la Chine sur le continent et ses relations avec ses principaux partenaires commerciaux africains, Bloomberg note que le yuan ne représente actuellement que 2 % des réserves monétaires mondiales, ce qui souligne l’importance du rôle de l’Afrique dans les efforts de la Chine pour accroître son influence mondiale et diminuer sa dépendance au système financier américain, Pékin est un créancier majeur pour de nombreux pays africains, y compris la Zambie, et l’un des plus gros acheteurs de produits africains.

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