Société

Des documents révèlent l’achat par la Grande-Bretagne de 13 000 hommes l’année de l’« abolition » en Afrique

Un nouvel ouvrage de l’historienne américaine Brooke Newman révèle le rôle crucial joué par la Couronne britannique et la Royal Navy dans l’expansion et la protection de la traite négrière pendant des siècles, dressant un tableau qui contredit le récit traditionnel associant la Grande-Bretagne uniquement à l’abolition de l’esclavage. Le Guardian rapporte que le livre, intitulé « Le Silence de la Couronne », à paraître la semaine prochaine, démontre que la monarchie n’était pas une simple spectatrice de ce commerce, mais y était directement et systématiquement impliquée. L’ouvrage indique que la Royal Navy a joué un rôle déterminant dans l’expansion de la traite négrière et la protection des navires négriers, en prêtant ses bâtiments aux compagnies négrières et en les approvisionnant en hommes et en vivres du règne d’Élisabeth Ire jusqu’au XVIIIe siècle, les profits revenant à la Couronne.

D’après les conclusions de Newman, dès 1807 – année où la Grande-Bretagne abolit officiellement la traite négrière au sein de son empire – la Couronne britannique était devenue le plus grand acheteur d’esclaves au monde, ayant acquis environ 13 000 hommes pour son armée, pour un montant avoisinant les 900 000 livres sterling. Ces conclusions complètent une enquête menée par The Guardian en 2023 sur les liens occultes entre la monarchie britannique et l’esclavage transatlantique, selon The Guardian, la chercheuse indique que la monarchie reconnaissait ouvertement son implication dans la traite négrière, lui conférant un « caractère royal », non seulement par le biais de monopoles tels que la Royal Africa Company, mais aussi par la possession directe d’esclaves, notamment dans les colonies des Caraïbes.

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Elle ajoute que les documents examinés par Newman révèlent que la Couronne a possédé des milliers d’esclaves jusqu’en 1831, alors même que la Royal Navy s’opposait publiquement à la traite négrière. Le journal affirmait en outre que l’ouvrage présentait une correspondance secrète remontant au règne du roi George IV (1820-1830), témoignant de ses craintes d’une répétition de la révolte des esclaves haïtiens en Jamaïque.

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