Amnesty International confirme que le renvoi forcé d’un ancien député et demandeur d’asile algérien vers la Tunisie constitue une violation du droit international. L’organisation a déclaré lundi 26 janvier 2026 que les autorités algériennes doivent clarifier le fondement juridique du renvoi forcé de Seifeddine Makhlouf vers la Tunisie, intervenu le 18 janvier 2026, malgré son statut de demandeur d’asile enregistré auprès du HCR. Amnesty International considère cet acte comme un « refoulement forcé », en violation des obligations internationales de l’Algérie.
Dans sa déclaration, Amnesty International affirme que les autorités algériennes ont manqué à leur obligation de garantir une procédure régulière pour l’évaluation des besoins de protection des demandeurs d’asile avant toute mesure d’expulsion. L’organisation souligne qu’aucune garantie procédurale ne permet à Seifeddine Makhlouf de contester son transfert auprès des autorités tunisiennes ni d’être informé des risques qu’il encourrait en cas de retour. Sarah Hachach, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a déclaré : « Le retour forcé de Seifeddine Makhlouf constitue une violation du principe de non-refoulement».
Elle a ajouté qu’en procédant à ce retour sans évaluer les risques, notamment celui d’une détention arbitraire prolongée et de procès inéquitables en Tunisie, l’Algérie a manqué à ses obligations au titre du droit international des droits humains, en particulier de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Seifeddine Makhlouf, opposant politique et ancien député, a quitté la Tunisie en juillet 2024 après avoir été poursuivi et détenu, une mesure que les organisations de défense des droits humains ont qualifiée d’arbitraire. M. Makhlouf était un critique virulent du président tunisien Kaïs Saïed et le dirigeant de la Coalition Dignité.
Suite à la dissolution du Parlement tunisien et à la levée de l’immunité parlementaire de ses membres, il a été jugé et condamné par un tribunal militaire, une pratique contraire aux normes internationales interdisant de juger des civils devant des tribunaux militaires. Bien qu’enregistré comme demandeur d’asile, il a été condamné par les autorités algériennes à trois mois de prison pour entrée irrégulière sur le territoire en juillet 2024, peine qu’il a purgée avant d’être placé en détention administrative.