La crise entre les autorités militaires nigériennes et la société française Orano entre dans une nouvelle phase, Niamey ayant annoncé son intention de poursuivre l’entreprise devant les juridictions nationales et internationales pour « catastrophe environnementale » sur son territoire, le ministre nigérian de la Justice, Aliou Daouda, a accusé Orano de polluer les terres nigériennes avec des déchets miniers, évoquant la présence d’environ 400 barils de déchets radioactifs. Il a déclaré que son pays réclamait « la condamnation et des réparations pour les dommages causés à l’environnement et à la population ».
Depuis le coup d’État militaire de juillet 2013, les nouvelles autorités nigériennes ont pris une série de mesures visant à réduire l’influence française, notamment la nationalisation de la filiale d’Orano, SUMIR, et l’ouverture de nouveaux partenariats avec la Russie et d’autres pays, Orano, détenue à 90 % par l’État français, a réagi en intentant des poursuites contre Niamey, accusant les autorités de s’emparer de ses actifs. Après la nationalisation de Sumair, Niamey a annoncé son intention de vendre de l’uranium de manière indépendante sur les marchés internationaux. En réponse, Orano a mis en garde contre le départ d’une cargaison de 1 000 tonnes de yellowcake (uranium concentré) en provenance de la mine d’Arlit, située au nord du pays, estimant sa valeur à 300 millions d’euros.
Cette cargaison est bloquée depuis plusieurs semaines à l’aéroport de Niamey, récemment le théâtre d’un attentat revendiqué par l’État islamique. L’uranium a été découvert au Niger en 1957, durant la période coloniale française, et son exploitation a débuté en 1971. En 2023, le pays a produit 3 527 tonnes de ce métal radioactif, soit 6,3 % de la production mondiale, selon GlobalData.