Les autorités militaires du Niger ont annoncé être prêtes à restituer environ 95 000 tonnes de concentré d’uranium à la société française d’énergie nucléaire Orano SA, plus de deux ans après la prise de contrôle de la mine de Soumir par cette dernière. Cette annonce a été faite par le gouverneur militaire Abdourahmane Tiani lors d’une interview diffusée sur la chaîne de télévision nationale RTN. Il a précisé que la quantité restituée représente 63,4 % des 150 000 tonnes produites par Soumir durant la période d’exploitation par Orano.
M. Tiani a expliqué que ce pourcentage correspond à la participation antérieure de la société française dans la mine, soit 63,4 %, les 36,6 % restants appartenant à la société nigérienne Subamine. Le gouverneur militaire a ajouté : « Tout ce qui a été produit après cela appartient au Niger et le restera », faisant référence à la production qui a débuté après la prise de contrôle de la mine par l’armée en 2024. Il a accusé Orano de vouloir interrompre l’exploitation et vendre sa participation sans respecter les procédures légales. Cette situation survient deux mois après une attaque qui a visé la capitale, Niamey, et qui s’est dangereusement approchée des sites de stockage d’uranium, suscitant de vives inquiétudes sur les plans sécuritaire et humanitaire.
Le gouvernement militaire avait auparavant retiré l’uranium du site, en violation d’une sentence arbitrale, craignant que ce matériau radioactif ne soit transporté à travers des zones où des groupes djihadistes sont actifs. Le Niger est l’un des plus grands producteurs d’uranium au monde, et la question nucléaire est un point de discorde majeur entre la junte militaire au pouvoir et Paris, d’autant plus que l’influence française décline dans la région suite à une série de coups d’État dans les anciennes colonies françaises d’Afrique de l’Ouest.