Economie

Les ressources minérales de l’Afrique : malédiction ou clé du développement ?

Grâce à ses vastes réserves de minéraux stratégiques, le continent africain est aujourd’hui un acteur central de la transformation technologique et de la transition énergétique. Cependant, cette richesse soulève des questions cruciales de souveraineté nationale et de justice sociale, notamment en raison de la dépendance persistante du continent à l’exportation de matières premières non transformées. Selon les estimations publiées dans le magazine Africa Focus par l’African Consulting Center, l’Afrique détient environ 30 % des réserves minérales mondiales. Ces ressources comprennent l’or, les diamants et des métaux d’avenir comme le cobalt, le lithium, le cuivre et l’uranium.

Cette diversité, d’après Africa Focus, a fait de l’exploitation minière un pilier de l’économie de plusieurs pays. Les données de la Banque mondiale indiquent que les exportations de minéraux représentent plus de 70 % des recettes nationales totales dans des pays comme la République démocratique du Congo et la Zambie, tandis que l’Afrique du Sud dépend de l’or et du platine pour se procurer des devises étrangères. Malgré l’attention mondiale portée aux ressources minières africaines, le rapport Africa Focus souligne que ce secteur présente une « double opportunité » : il génère des revenus considérables et crée des emplois, mais révèle simultanément des vulnérabilités structurelles. Selon un rapport de 2023 de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), plus de 80 % des exportations de ressources minières africaines sont vendues sous forme de matières premières à l’Asie et à l’Europe.

Cette réalité prive les pays africains des bénéfices d’une production locale et des emplois qui en découlent, enfermant le continent dans un cycle d’« exportation de matières premières et d’importation de produits finis ». L’exploitation minière n’est plus seulement une question économique ; elle est désormais inextricablement liée à la sécurité et à la souveraineté nationales. Les données de l’African Consulting Centre illustrent clairement cette intrication. Au Niger, l’uranium est devenu un enjeu majeur de la compétition entre puissances traditionnelles comme la France et puissances émergentes comme la Russie, tandis qu’au Soudan, le conflit autour des mines d’or a alimenté des milices armées, exacerbant les crises sécuritaires et prolongeant le conflit interne.

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